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Il se sera fait attendre, ce chapitre, pardon! Les choses commencent à se préciser et surtout à s'accélérer: rassure-toi fangirl, Mimi va bientôt rencontrer son seme!

Ganbare, Mimi-chan, même si t'es triste quand tu te touches, souviens-toi que Gackt pense aussi à toi! http://www.youtube.com/watch?v=xXO5DHfHaDc

Notes complémentaires: il n'y a pas de cul dans ce chapitre. Tous en choeur: oooooooh!
Mais il y a des trucs vrais! Tous en choeur: aaaaaah! Enfin, un truc vrai: le coup tatouage sur l'épaule, Mimi l'a effectivement fait, mais sans aucun doute pour des raisons différentes que celles que j'énonce. ^^ Sinon, tout ce que je raconte à propos de Tokyo, c'est du bullshit, j'y suis jamais allée. Fwala, vous saurez tout sur le zizi. Enfin, au moins au chapitre suivant. ^____________^


Monsieur Toshiro, le patron du conbini, m'a à la bonne. Bien qu'il soit un peu bourru, je le sais sensible à mon charme. Oh, il n'est pas homo, mais je sais parfois me montrer plus mignon qu'une fille. Par exemple, là, je le sens prêt à craquer:
-"S'il vous plaîîîîît...
-Non. Si je te donne une phalange, tu me prendras tout le bras; je les connais, les gosses comme toi. »
Je tire une moue adorable.
-« Ce n'est pas vrai. Ce sera juste pour cette fois. Après, je paierai avec l'argent que j'aurai gagné.
-Je le dirai à ta grand-mère!"
Je fais semblant d'être effayé.
-"Oh non, pas ça, je vous en prie! Ecoutez, je sais que c'est mal, mais j'en ai besoin, vous comprenez? Je ne peux m'en remettre qu'à vous. S'il vous plaît...
-Mmh. Bon."
J'ai gagné.
Il me tend un paquet de Seven Star Box.
-"Merci infiniment, dis-je en soupirant d'aise.
-Petit con, va!"
Il s'en retourne à son arrière-boutique.
-"Hem...
-Quoi encore!?"
Tout sourire, je désigne la cigarette coincée entre mes dents.
-"Vous m'allumez...?"

Assis sur une caisse de coca, je tire avec délectation sur ma clope. Ah, le pied. Juste ce qu'il me fallait. Je renverse la tête en arrière, ferme à demi les yeux et filtre les rayons du soleil matinal à travers mes cils.
Lorsque je les rouvre, j'aperçois, de l'autre côté de la rue, deux collégiennes qui m'observent en chuchotant entre elles. Ca m'énerve, ces minauderies: de là où elles sont, de toute façon, je ne peux pas les entendre. Elles semblent débattre avec animation. Ca doit être mon mohawk et mes cheveux gris-bleus: depuis que je suis rentré, je n'ai pas encore eu l'occasion de me les teindre en noir. Et puis il y a les tatouages, sur mes avant-bras, que l'uniforme à manches courtes du conbini ne peut pas cacher: elles doivent me prendre pour un yakuza, ou un extra-terrestre, en tous cas quelque chose qu’elles n’ont jamais vu de leur vie.  Je m'apprête à leur faire un doigt d'honneur et à retourner au travail, quand je remarque que l'une d'elles a un portable à la main. Ca, ça ne me plaît pas du tout. J'écrase mon mégot sous mon talon et je vais à leur rencontre, l'air menaçant, en exhalant une dernière bouffée de fumée. Je suis grand, pour un Japonais. Lorsqu'elles me voient arriver droit sur elles, elles se figent sur place, tétanisées, comme des lapins sous les phares d'une voiture.
-"Salut.
-Salut, répondent-elles tout bas.
Je me tourne vers la fille au portable:
-Efface les photos que tu viens de prendre de moi. Toutes.
-Mais ce ne sont pas..."
Elle répond, en plus? J'approche mon visage du sien:
-"S'il te plaît?"
Elle s'exécute fébrilement, et prend l'initiative de me montrer qu'elle a bel et bien tout effacé. Satisfait, je retourne au conbini.
C'est pas que je sois parano, je préfère juste ne pas laisser de traces.

Pour remercier monsieur Toshiro d'avoir si généreusement suppléé à mon shoot vital de nicotine, je me suis mis en devoir d'être le plus agréable possible auprès des clients. Mais la plupart ne répondaient pas à mes salutations et fourraient eux-mêmes leurs commissions dans les sacs en plastique, sans me laisser le temps de le faire à leur place, avec des petits mouvements brusques et en me jetant des regards à la dérobée. Pas un de m'a regardé dans les yeux, juste une mère de famille pas dégueu qui m'a lancé une oeillade appréciative avant d'aller rejoindre ses enfants dans sa voiture, en roulant des fesses pour le bonus.
Patelin de merde où un gusse tatoué à la caisse d'une supérette minable crée l'événement. Ils en reparleront encore dans leurs fêtes municipales, je parie. J'appuie mon front fiévreux contre le métal de la caisse enregistreuse et pousse un long soupir.
-"Excusez-moi..."
Une fille à lunettes d'une quinzaine d'années me fixe intensément. Elle a posé sur le comptoir un petit paquet de bonbons dont l'emballage est bardé de lapins colorés.
-"Dix yens."
Elle continue de me regarder sans amorcer un geste vers son porte-monnaie.
"Dix yens" répété-je.
Soit elle est sourde ou débile, soit elle trouve que c'est trop cher. Dans tous les cas, je peux rien pour elle, alors faudrait qu'elle arrête de me fixer comme ça, ça m'énerve.
"Je peux vous aider?" lui demandé-je en essayant de contenir mon exaspération.
Elle semble sortir de sa rêverie; elle veut dire quelque chose, s'arrête, hésite, ouvre la bouche, la referme, finalement se lance:
-"Je... je pourrais avoir un autographe, s'il vous plaît?"
Oh putain, v'là les emmerdes. Je n'avais pas prévu ça, des fans de visual dans ce coin perdu. J'essaye de ne rien laisser transparaître et la gratifie de mon air le plus bovin:
-"De quoi?
-Vous êtes Miyavi, n'est-ce pas?
-Nan, tu dois confondre. Attends, t'es pas la copine de la fille au portable de ce matin, toi?"
Elle ne m'écoute pas. Son visage est luisant d'excitation, ou peut-être est-ce seulement dû à l'adolescence et au sébum.
-"Alors vous avez vu Gackt en vrai?"
Je ne l'ai jamais appelé comme ça. Une fois, peut-être, quand on s'est rencontrés. Ca remonte à loin. Mais pas le temps d'être nostalgique, faut que je me débarrasse de la glaireuse.
-"Bon, écoute chérie, t'es gentille mais je connais pas Gackt: je suis caissier, ici. Alors soit tu payes, soit tu sors, mais viens pas me saoûler."
Ca l'a déstabilisée quelques secondes, le temps que je porte l'estocade:
"Dis-moi: si j'étais vraiment ton Miyavi, qu'est-ce que je foutrais ici à vendre des (je regarde la marque sur le paquet aux lapins) Yum-yum Popsters à des gamines décérébrées? Allez, rentre chez toi."
Je lui donne congé d'un signe de tête. Elle recule de quelques pas. Son visage encore poupin est fripé de confusion. Elle s'apprête à partir, mais au dernier moment, elle me lance: "Je ne vous crois pas!" et s'enfuit en courant.
Je me mets à rire. "Je ne vous crois pas!"? C'est moi, qui n'y crois pas, on dirait une réplique de mauvais mélodrame, et puis, quelle sortie dramatique! Trop dure, sa vie. Elle doit se faire de ces films dans sa tête!
Mon rire s'évanouit. C'est l'hôpital qui se fout de la charité. Question mélo, je me pose là. Et les films que je me fais moi sont des blockbusters au budget pharaonique.

Le décor, Tokyo, la ville la plus barrée de la planète. Lumières, bruits, voitures, foule, tout ce qu'on peut attendre d'une capitale, et en plus, cet espèce de grésillement qui emplit l'air: ce sont les esprits et les rêves qui bourdonnent, cette énorme énergie collective qui gonfle et bat sourdement sans jamais s'arrêter.
La star, c'est lui. Son nom s'annoncerait en lettres géantes et ferait couiner l’auditoire féminin: Kamui Gackt. Non, Camui, plutôt, comme il préfère l’écrire, à l’européenne. Un peu plus grand que moi, une silhouette faite pour porter le costard, les cheveux teints en blond. Un visage anguleux, des lèvres charnues qui gardent toujours un fantôme de sourire, des yeux pensifs qui vous considèrent de façon distraitement calculatrice, comme si vous étiez un bibelot et qu'il essayait de vous déterminer une place sur un bureau ou un rebord de cheminée, pour un meilleur effet feng shui. Une aura de charisme absolu, quasi-christique. On pourrait longtemps chercher les défauts de l’image parfaite qu’il renvoie, sa démarche étudiée, ses gestes calibrés. S’il lui arrive de paraître ridicule, c’est qu’il l’a voulu ainsi. Personne n’a jamais osé se moquer de lui, car il n’y a que lui à pouvoir le faire - brillamment, de surcroît.
Il est le maître démiurge de la vie nocturne de Tokyo. Un simple mortel ne saurait concevoir l’étendue de ce genre de pouvoir: il est à l’origine de tout, il a une longueur d’avance sur tout; lui prend-t-il la fantaisie d'éternuer que les éternuements deviennent à la mode, non, deviennent LA mode. Les soirées qu’il organisait faisaient passer les orgies felliniennes pour des goûters d’anniversaire: je me souviens de ces levers d’aube où, la drogue aidant, l’hystérie et l’excitation ambiantes me donnaient le tournis et me faisaient croire à une autre dimension. Tout passait comme au ralenti, ou peut-être était-ce moi qui était projeté comme une comète à travers les corps en ébullition ne gravitant qu’autour d’un être unique: Kamui.
Voilà l’homme qui m’aura plongé dans des années de tourments et d’exaltation, le dieu impitoyable qui règne sur ma vie et imprègne encore la moindre fibre de mon âme.
Enfin, après cette introduction ébouriffante, clopin-clopant vient le second rôle, mais le public commence déjà à perdre de l’intérêt. Parce que ce qu’on lui propose ensuite n’est hélas pas très bandant.
Le paysan mal dégrossi fraîchement débarqué de sa cambrousse, élevé en plein air, au bon grain et à l’ennui; la petite frappe en mal de sensations fortes, le fanboy transi, exactement comme cette fille dont je viens de me moquer: oresama.

Rien n’aurait pu me préparer à Kamui, ni à Tokyo. Je n’en menais déjà pas large à mon arrivée, accompagné de Takeshi qui, blasé après son voyage Amérique, ne partageait pas ma crainte de ces gratte-ciels écrasants qui souriaient des bouts de ciel entre leurs mâchoires de béton et de verre, vomissant par intermittence des hommes en complet, pressés, bousculés; et cette sensation de vertige face aux ruelles inextricables de Shibuya, où grouille la faune tokyoïte branchée et dont le moindre centimètre carré de mur est prétexte à une enseigne ou une pub. J’ouvrais grands mes yeux pour tenter d’embrasser entièrement ce que je pouvais voir, pour essayer de comprendre ce qui me parvenait - peine perdue, Tokyo s’est abattue sur moi comme une vague et je savais plus où se trouvait la surface.
Nous nous sommes installés chez un cousin éloigné de Takeshi, videur dans une boîte de nuit et « fiotte notoire » ainsi que me l’a délicatement expliqué Takeshi. Kyo n’était pas un mauvais bougre et m’avait pris en affection, à la grande indifférence de Takeshi, qui aurait pu m’entourer d’un gros ruban rouge et me précipiter dans le lit de son cousin du moment que celui-ci nous accordât indéfiniment l’hospitalité. Il faut dire que notre « couple »  battait déjà de l’aile, et sans doute à cause de moi: on pouvait se toucher ou se sucer, mais je me refusais obstinément à la pénétration. D’abord parce qu’il avait déjà essayé de m’introduire des doigts et que ça ne m’avait fait plus de mal que de bien, ensuite parce que pédé ou non, j’avais mon honneur de mâle et ça ne me plaisait pas trop d’être le dominé la plupart du temps. Ce n’est pas mon genre de comptabiliser, mais question fellations, la balance penchait plutôt en ma défaveur: s’il fallait en plus que je me fasse enculer, j’aurais préféré dans ce cas me taper une meuf. Cette dernière option se concrétisa pour Takeshi qui sortait presque tous les soirs et pour le coup pouvait pénétrer tout son soûl, tout ce qui passait. Moi, j'étais trop obnubilé par la ville pour oser interagir avec ses habitants, autres que le marchand ambulant de ramen, la caissière du petit supermarché en bas de chez nous et enfin Kyo, auquel je me raccrochais comme un naufragé.
Contrairement aux expectatives de Takeshi, Kyo n’avait pas d'intentions libidineuses à mon égard: il me donnait de grandes tapes sur les fesses en m’appelant « ma petite fleur » de temps en temps, mais ça s’arrêtait là. Il me croyait fidèle à Takeshi, et pensait que ses coucheries me faisaient souffrir, alors il cherchait à me consoler en m'emmenant faire la fête avec lui, avec d'autres charmantes tantouzes et travelos qui me reconstituaient une drôle de petite famille.
 Tous ensemble, les soirs de grande beuverie au karaoké, nous nous amusions à faire des concours du strip-tease le plus hot; en général, je trafiquais les votes et versais des pots-de-vins en bisous pour que Kyo gagne. Et à la fin de la soirée, beurré comme un petit Lu, je me mettais sur ses genoux, les bras autour de son cou, en l'appelant "papa". Il n'était pas si âgé, mais approchait de la quarantaine et commençait à perdre ses cheveux; moi je venais d'avoir dix-huit ans et j'étais loin d'être adulte. Je ne savais rien, j'étais complètement perdu  et sans repères dans une ville qui pour moi était à la mesure de la vie tout entière: elle me terrifiait, me donnait envie de rentrer sous terre pour m'y rouler en boule et ne plus jamais reparaître à la lumière. Kyo était mon sauveur: il me rassurait, moi qui n'avais jamais eu personne pour le faire. Il avait même fini par prendre son rôle de figure paternelle au sérieux: il voulait parfois me cultiver, alors il m'emmenait dans des jazz bars ou des petits concerts de rock indépendant, où je retrouvais un esprit et une énergie que je croyais impossibles au Japon, où pour moi les gens étaient partout aussi coincés que dans ma petite campagne. Le rock n'était pas mort, et je me passionnais de plus en plus pour cette musique, jusqu'à composer des hymnes dans ma tête ou sur des feuilles volantes. Grâce à ces chansons, je commençais enfin à dompter Tokyo, en m'appropriant un peu de sa nature larger than life. A ma demande, Kyo m'a offert mon premier tatouage: un kanji sur l'épaule, ore, "moi", pour reconstituer mon ego démantelé.
Et finalement, sans le vouloir, c'est également lui qui a précipité mon destin, le soir où il m'a annoncé qu'il avait des billets pour le concert de Camui Gackt.

Date: 2006-08-25 05:29 pm (UTC)
From: [identity profile] mokoshna.livejournal.com
J'adore la scène avec la fangirl au conbini. "Gaaaackt !!!!! Mimi-chaaaaan !!!!!" et tout ça... XD

"beurré comme un petit Lu" : j'ai flashé sur cette expression, va savoir pourquoi ^^;

Bah l'air de rien, il est attachant ce petit branleur. Je vais lire la suite ^^

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