sevenswells: (This is not Sparta)
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Je suis DÉFONCÉE mais j'y suis ARRIVÉE!!!!! Ouéééééé!!! (convention ce week-end, urgh T____T)

Ce chapitre est dédié entièrement à ma seule et unique lectrice, heh. Navrée qu'il ne soit pas plus joyeux que ça, mais je te promets une belle fin dans deux chapitres ^.^ Je n'ai pas relu non plus, désolée -- je poste et je vais dormir! ronflzzzzzz

Le temps s'enlisait. Une fête succédait à une autre, une drogue à une autre: tout allait trop vite et moi je ne bougeais pas. Je fis des progrès assez satisfaisants à la guitare, mais pas suffisamment pour que je pusse enfin me considérer comme un véritable musicien. Bon an, mal an, j'enchaînais les concerts et découvris que j'aimais vraiment la scène. Néanmoins, le temps que j'y passais me semblait toujours trop court, de plus en plus court. Parce qu'en-dehors de la scène m'attendaient les interviews, et d'autres fêtes, et d'autres drogues. Et Kamui.

Son temps à lui était maîtrisé: il n'en avait pas perdu une seconde. Oblitérant volontairement le chahut causé par l'annonce officielle de la dissolution de Malice Mizer, il s'était aussitôt mis au travail pour préparer son premier disque solo. De nouvelles têtes se mirent à faire leur apparition dans son entourage immédiat, des êtres aussi irréels que lui, qui se distinguaient du commun des mortels par leur apparence étrange et leur talent exceptionnel.
Parce que selon lui aucun hymne véritable ne peut s'écrire sans violon, Kamui voulut absolument un violoniste. Parmi plusieurs candidats triés sur le volet, ce fut un jeune homme nommé You qui émergea du lot, et pour cause: en plus de ses qualités artistiques indéniables, il ressemblait également à Kamui comme un frère. J'avais été la seule personne extérieure au groupe à avoir assisté à son entretien d'embauche, qui s'était résumé à une seule question:

-"Quel est ton groupe sanguin?

-A, avait répondu You avec une voix très douce.

Et sur la foi d'une seule lettre de l'alphabet, il était embauché. Kamui fit savoir autour de lui que You était son ami d'enfance.
Le côté taciturne de You, sans compter cette ressemblance dérangeante avec Kamui, me mettaient hautement mal à l'aise et me faisaient fuir sa présence: je lui préférais la compagnie d'un autre musicien nouvellement arrivé, une grande folle de guitariste surnommée Chachamaru. Celui-ci sembla s'attacher à moi en retour et voulut m'apprendre quelques trucs à la guitare. En vain: je n'avais pas sa personnalité et son talent, mais je lui étais reconnaissant pour les interactions qu'il avait avec moi.
Parce que Kamui était parti dans un autre monde, où seule importait la musique -- sa musique, et ses musiciens.
"On" décida finalement, sans coup férir, que mon premier photoshoot se ferait à Paris, "pour le glamour et pour préparer une ouverture vers l'international". Clair comme de l'eau de roche: Kamui ne voulait plus m'avoir dans les pattes.

Je débarquai à Charles de Gaulle avec la pire gueule de bois de tous les temps. Ç'avait été la première fois de ma vie que je prenais l'avion et que je quittais mon pays: j'avais descendu des litres de vodka pour oublier ma terreur, à l'intérieur de cette machine impossible qui n'était en rien faite pour voler et qui pourtant y parvenait.
Une fois à terre, laissant le staff se démerder avec la douane, je m'engouffrai dans le premier taxi à ma portée, filai au chauffeur l'adresse de l'hôtel écrite en romanji sur un bout de papier sans dire un mot puis m'arrangeai pour dormir avec plus ou moins de confort sur la banquette arrière.

-"Putain, on est où? grommelai-je quand le chauffeur me réveilla et que je jetai un oeil par la fenêtre.

-Barbès, répondit-il laconiquement.

Pas le genre de quartier à mettre en avant dans les brochures touristiques, mais dans l'humeur où j'étais, ça m'aurait énervé de me retrouver dans une carte postale.

Ma chambre d'hôtel était petite et mal aménagée; le lit occupait quasiment tout l'espace, et on ne pouvait circuler qu'en longeant en crabe ses côtés. Il y avait un chouïa plus d'espace du côté de la salle de bains attenante, pour permettre à la porte de s'ouvrir.
Tout dégoulinant de la douche froide que j'avais prise pour me réveiller, je m'étendis de tout mon long en travers du lit pour atteindre mon sac à dos. J'en retirai un autre bout de papier, où j'avais inscrit un numéro: celui du portable de ma soeur, qui me l'avait donné dans la réponse au mail où je la prévenais de ma visite.
Il était 18 heures et la séance photo ne commençait que le lendemain.

Je l'appellerais et on se rencontrerait et on irait manger un bout près de cette église très célèbre, Dame Truc. Je lui demanderais si ça se passait bien, les études à la Sorbonne, si les garçons parisiens la laissaient tranquille parce que sinon j'irais leur casser la gueule. Elle me demanderait en retour des nouvelles du Japon, de la famille. Si j'allais bien en ce moment, parce qu'elle me trouverait une mine pâlotte.

Je restais assis au bord du lit pendant un temps infini à considérer le bout de papier entre mes doigts jusqu'à ce que je me rendis compte que mes mains tremblaient et que ma migraine s'était accentuée. Jurant tout haut, j'allai fouiller mes bottes à la recherche de mon matos: une feuille d'alu, une pipette, un briquet, et ma poudre de fée.

Je passai tout mon début de soirée à courir le dragon, et le reste de la nuit à planer, allongé sur mon lit, en riant à l'adresse du plafond. Je dus m'endormir à un moment donné car c'est pendant mon sommeil que le bad trip me prit. Je rêvai que j'étais mort dans ma chambre d'hôtel à Barbès et que je ne manquais à personne. Pire: personne ne s'en était rendu compte, et mon cadavre pourrissait lentement, oublié.

Je ne retrouvai pas le numéro de ma soeur le lendemain: impossible de me souvenir de ce que j'avais pu faire du bout de papier.



La séance photo que j'eus dans la journée m'apprit plusieurs choses:

1) la coupe Hanajima marchait du feu de dieu, quel que fût l'angle et malgré ma tête de déterré arrangée par le maquillage

2) j'étais bon. Meilleur qu'à n'importe quoi dans ma vie: une inclination de la tête, une légère moue et le directeur artistique était au bord de changer de pantalon.

Oh, et incidemment, 3) mon vieux pote Daigo "Elvis" Stardust avait vraiment ses entrées partout.

J'avais failli ne pas le reconnaître avec sa chemise blanche toute simple et son pantalon bien coupé. Il avait patiemment attendu la fin du shoot, puis s'était avancé en ôtant ses lunettes de soleil d'un geste élégant.

-"Tu ne m'as pas rappelé. C'est mal."

Passé le choc initial de le voir soudain débarquer de nulle part alors que je l'avais presque oublié, je me mis à sourire de toutes mes dents, sans pouvoir m'en empêcher.

-"C'est pas la peine de chercher à t'éviter, on dirait. C'est cool de te revoir! Qu'est-ce que tu fais à Paris? Me dis pas que...

-Si la question est: est-ce que je suis venu spécialement pour te voir, mettons que la réponse est à demi oui. Je dois finaliser quelques détails pour mon concert en Allemagne et, comme je te savais ici, j'ai fait un petit crochet.

-En Allemagne, hein? Ben mon cochon!

-Oui, ils sont dingues de jrock là-bas, t'imagines pas. Tu es libre à dîner ce soir?"

Je me retournai du côté du staff en faisant semblant de considérer ma réponse.

-"Chais pas, ouais..."

Je haussai les épaules avec une nonchalance affectée, mais mon soupir haché d'anxiété me trahit.

"Ça se pourrait."



Il m'avait bien eu, avec sa dégaine de choriste; son goût pour le kitsch flamboyant se manifesta à travers l'endroit où il m'emmena dîner: sur les Champs, rien de moins, dans un bar branché qui, au moyen d'un projecteur braqué sur un des murs, passait des épisodes de Hokuto no Ken dont la bande-son se mêlait à de la techno. A peine s'était-on installés dans une alcôve V.I.P. sur des banquettes inconfortables mais design qu'il attaqua tout de suite:

-"Alors comme ça, Camui t'a foutu à la porte?

-T'es chié, toi, comme gars. Pas bonjour, pas merci, direct au gant de crin et au gravier de 12 sans lubrifiant. Et la tendresse, bordel?

-J'en déduis que oui?

-Déduis ce que tu veux, c'est toi qui payes. Par contre, attends-toi à cracher, gros.

-Un kir royal à la pêche et une sambuca, dit-il au serveur habillé en couleurs fluo.

-Un "kir royal"!? Jamais de la vie, t'as fumé: c'est une boisson de gonzesse!

-Le kir est pour moi.

-N'empêche que tu as commandé à ma place."

Il sourit.

-"-Tu me semblais simplement du genre à aimer la sambuca. On peut toujours changer, si tu préfères...

-Pas question; j'ai horreur des indécis. T'as pris une décision, t'assumes jusqu'au bout; comporte-toi en mec pour une fois. Pédé de visualeux."

Il se mit à rire franchement.
Plusieurs sambucas plus tard, je n'en menais pas large, affalé sur Daigo à débiter des âneries:

-"Non mais le dingue, quoi, j'te jure. Et pourquoi il aurait fallu que je me laisse étrangler, hein? Sérieux, la prochaine fois c'est moi qui le défonce. P'tain. Ça me fout trop les boules, ce genre de truc. Tu vois ce que je veux dire?

-Complètement. Mais assez parlé de lui. Au final, ta carrière, comment ça se présente, dis-moi?

-Ouais, super. Des fois j'me dis... j'me dis, t'sais... je sais pas pourquoi il m'a choisi. C'est pas le genre de gars à qui on force la main, tu vois, alors quand mézigue débarque et dit qu'il veut faire du visual kei, qu'il veut qu'on le produise, ben coup de pied au cul, oui! Pas le genre à s'emmerder, lui. Alors je comprends pas. Ça veut dire qu'il m'a choisi, hein? Mais pourquoi? Et pourquoi là y me jette comme... comme une merde? Putain. Je suis même pas musicien.

-Moi, je comprends."

Il me regarda droit dans les yeux, me caressa la joue. Ça me coupa net le sifflet, ma bouche béant stupidement à tous vents.

"J'aime ton style. Je pense que je sais ce que Camui a vu en toi. Il ne sait juste pas l'exploiter. Ce que tu as fait au concert de Hyde... Tu as quelque chose, de jamais vu auparavant. Tu es tellement plus frais, plus jeune, plus spontané que lui. Tu lui fais peur. Tu le dépasseras."

Là, je ne marchais plus. J'écartai sa main de ma joue avec un petit rire qui se voulait léger.

-"Arrête ton char, Yoda. Lui, peur? De moi? Faut arrêter, sérieux.

-Je suis extrêmement sérieux. Ça te dirait de laisser tomber ce photoshoot moisi et de m'accompagner en Allemagne demain? Je te présenterai à des gens, tu pourrais jouer à mon concert. Camui est en perte de vitesse, tu sais. Sa popularité ne dépassera jamais le Japon, surtout s'il entame une carrière solo: il n'a simplement pas la carrure. Malice Mizer était sa seule chance. C'est aussi pour ça qu'il mise sur toi. Mais son ego l'aveugle, et il cherche maintenant à t'étouffer.

-Oh là, oh là, ça me dépasse, là; psychologie de comptoir et théorie du complot, tu te fais plaisir, c'est cool, mais faut pas me mêler à tout ça, mon poulet.

-Toi et moi nous sommes jeunes, Miyavi, c'est là toute la différence. On peut secouer à nous deux le monde poussiéreux du visual, apporter quelque chose de vraiment différent. Tu ne trouves pas que ça vaut la peine d'essayer? Viens jouer pour moi, ne serait-ce qu'à un seul de mes concerts, et tu pourras te décider ensuite."

J'étais dessaoulé aussi sec. Je me levai brusquement en me cognant contre la table design, ce qui produisit un tintement de verres dramatique.

-"Excuse-moi, gros, marmonnai-je en secouant la tête, mais je... là, je, je peux pas suivre, c'est... C'est juste pas possible."

Et je sortis du bar en courant, comme si j'avais le diable aux trousses.

CLIFFHANGER DE OUF!

Date: 2008-02-22 08:17 am (UTC)
From: [identity profile] kamexkame.livejournal.com
Bon alors c'est affreux de commencer comme ça alors que tu te précises défoncée mais LA SUITE! ?

Et aussi POURQUOI, GACKT, POURQUOI?

Pauvre Mimi ;_________;

AH MON DIEU : l'infâme DAIGO!

J'ai été très contente de voir apparaître You (enfin lui je n'étais pas vraiment contente dans le cadre de ton histoire mais il me pardonnera) et Chacha *squee*

Le suspense est terrible sur ces derniers chapitres, d'autant plus vu la manière dont Hoshi No Suna débute. Comment est-ce qu'il en est arrivé là. Comment cette boucle se boucle-t-elle?

Pauvre Mimi ;__________;

LA SUITE!

Re: CLIFFHANGER DE OUF!

Date: 2008-02-28 01:09 pm (UTC)
From: [identity profile] sevenswells.livejournal.com
Heh, merci pour ton commentaire et navrée pour la débauche de angst ^^ Oui, les évènements se précipitent (j'espère pas trop vite O___o;;; ) et je ne suis pas trop sûre de comment je vais gérer la fin, mais en tous cas, elle est proche... ça me rend toute nostalgique, pour le coup; ils vont me manquer, je crois, ces petits canailloux.

Enfin, heureusement l'aventure se prolongera un tout petit peu plus en anglais! ;P

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