sevenswells: (marry me)
[personal profile] sevenswells
Du cuuuuuuuuuul! Enfin! Ca m'aura tanné de pondre ce chapitre, il est largement plus long que les précédents (on se demande quel est le sujet qui m'intéresse le plus, dans cette histoire ^^;;;); je me sens aussi épuisée que si j'avais participé aux galipettes de ces canaillous. Enjoy! ^______^


Il ne me prêtait pas la moindre attention. Assis à quelques centimètres de lui sur la banquette d'une Mercedes, il parvenait à me donner l'impression d'être sur une lointaine planète d'une galaxie reculée, hors des contingences de la planète Terre:
-"Virez-moi le con qui s'est foiré sur le retour: j'ai faussé sur Vanilla, à la reprise, et je n'entendais pas le quart de ce que je chantais.
-Sachiko? Envoie des fleurs à la fille qui est à l'hôpital. Tu peux éventuellement laisser filtrer l'info, mais je ne réponds à aucune interview.
-Camui Gackt. Oui, merci. Non, demain. Mmmh. Hmm. Non, et je ne reviendrai pas dessus. Hm. Mes hommages.
-Sachiko? C’est encore moi. Booke-moi un rendez-vous avec Hanajima pour demain, dans l’après-midi."
Ca n'arrêtait plus, et je m'emmerdais sec.
A peine sortis de la loge, il était devenu muet et à le regarder, on n'aurait su dire à quoi il pensait: ses traits délicatement sculptés n'exprimaient rien. Plus tard, j'allais apprendre à me méfier de ce genre de non-expression: elle annonçait en réalité un calcul intense, se perdant en conjectures et intrications, tenant compte de données et d’inconnues aussi éthérées et subtiles que l’inconscient collectif, les horaires de métro, les changements de pression atmosphérique, les cours de la bourse, les recettes minceur des magazines féminins, les gadgets, la mode, les tubes, les top ten.
De temps en temps, pendant qu'il composait des numéros et attendait que quelqu'un lui réponde, il me jetait un regard ou deux, mais ses yeux voyaient clairement autre chose, qui me dépassait. Moi, je n'osais le dévisager que lorsqu'il ne regardait pas. Il m'était surnaturel de l'avoir si près de moi, à mon niveau, après l'avoir vu de loin, perché sur une scène et éclairé par des spots. Je pouvais même le toucher, si je voulais. Il suffisait, sans doute, d'avancer mon genou, et je toucherais sa cuisse, ou alors de faire semblant de m'étirer et mon bras entrerait en contact - accidentel - avec son corps. Mais je ne bougeai pas d’un poil, prostré et enfoncé dans le cuir du siège; peut-être avais-je peur qu’il ne s’évanouît en fumée si je cherchais à vérifier son existence, ou peut-être moi-même aurais-je disparu... C’était tout aussi bien, finalement, qu’il ne me parlât pas; ça me donnait le temps de remettre mes neurones en place et de me faire à l’idée qu’il était humain comme moi. D'abord, il fallait que je me calme. Penser à ma vie de tous les jours, quelque chose de tangible, de rassurant, Takeshi, pensai-je alors, et un haut-le-coeur suivit. Ah oui, Takeshi. Je ne l’avais pas vu pendant quatre jours au moins. Et le pire, c’était qu’il ne me manquait pas. Tokyo m’avait fait grandir radicalement en m’apprenant que Takeshi était un péquenot comme les autres, rock, Amérique, piercing ou pas, et que j’avais droit à mieux. C’est sans doute grâce à ça que j’avais pu trouver le courage de parler, dans la loge et de m’affirmer avec autant d’aplomb. Et à présent que Gackt lui-même avait dit "...le petit mignon vient avec moi", je voulais bouffer la capitale, soumettre ses habitants: j'étais Godzilla et j'allais tout détruire sur mon passage. Je souris en regardant défiler à travers la fenêtre embuée les bâtiments flous de Tokyo, en m'imaginant, géant et crachant des flammes, au-dessus d'eux, et je me pencherais de temps en temps pour gober les salarymen en déroute qui tenteraient d'échapper à mon courroux. Je fis une grimace qui dévoila toutes mes dents et ris sans bruit. Je n'avais peut-être pas tellement grandi, après tout.
Dans la voiture, la conscience brutale du silence me fit revenir à la réalité. Soudain, je me rendis compte que sa voix ne s'était pas fait entendre depuis un bon moment. Dans mon ennui, je l'avais reléguée au fond sonore, mais à présent, les conversations téléphoniques avaient cessé, et je sentais dans mon dos ses yeux posés sur moi. A peine me retournai-je, frissonnant, qu'il me fondit dessus, écrasant ses lèvres contre les miennes, m'attirant à lui en me faisant perdre l'équilibre. Sa main alla directement à mon entrejambe et se mit à frotter, tandis que sa langue pénétrait ma bouche et stimulait mon palais. Après avoir compris ce qui m'arrivait, j'entrepris, par réflexe, de le caresser à mon tour, mais mes mains tremblantes ne rencontraient que du vide; mon corps ne m'appartenait plus.
Lorsque mon pénis se tendit inconfortablement contre les tissus qui le gardaient au chaud et que sa main lui en donna confirmation, il me repoussa sur le côté et se carra sur son siège en déplissant son pantalon, qui ne portait pourtant pas l'ombre d'un froissement. J'avais l'impression qu'un train m'était passé dessus, et je bandais comme un âne.
"Règle numéro un, murmura-t-il, et il me sembla que j'entendais véritablement sa voix pour la première fois, tu me donnes ton entière attention, tout le temps. Je suis désormais ton univers: ta respiration se calquera sur la mienne, le moindre battement de tes cils passera d'abord par mon approbation. Il t'est interdit de penser à autre chose en ma présence, quoi que je puisse être en train de faire, que tu te sentes concerné ou non. Descends."
La voiture s'était arrêtée, je ne l'avais même pas remarqué. Docile parce qu'un peu sonné, j'ouvris la portière et reçut en plein visage la pluie qui s'était mise à tomber un peu après notre sortie du stade. L'immense bâtisse blanche d'un hôtel prestigieux, que la noirceur du ciel faisait luire de façon étrange, se dressait devant moi .
Alors que mon regard se perdait à essayer d'en apercevoir le sommet, Gackt m'avait précédé, flanqué de deux gardes du corps qui chacun lui tenait un parapluie, et avait marqué une pause devant les grandes portes de verre. Je compris à l'autorité qui se dégageait de sa posture qu'il n'attendait que moi. Je me mis à courir dans les flaques, à demi courbé, gêné par mon érection. Mes joues me brûlaient. Arrivé près de lui, je gardai la tête baissée, ne voulant pas rencontrer son regard, content que mes cheveux tombés sur mes paupières, alourdis par la pluie, me donnassent une excuse de plus. Comme je fixais les yeux sur mes fausses Doc, je ne pouvais pas voir s'il y avait d'autres clients dans le hall de l'hôtel cette nuit-là, mais s'il y en avait, j'étais certain que tous les regards devaient sûrement se braquer sur mon entrejambe. Pourtant je portais un pantalon baggy suffisamment ample pour ne rien laisser transparaître de mon état, mais j'étais soudain pris de timidité. A l'intérieur de l'hôtel, les centaines d'ampoules allumées et l'immense espace du hall, incongru pour Tokyo où le moindre millimètre carré de sol ne peut se permettre d'être gaspillé, me rendaient terriblement conscient de mon corps. Bien qu'elles me gênassent, je ne voulus pas relever mes mèches, qui me rassuraient en tant qu'oeillères.
La montée en ascenseur ne fit rien pour arranger mon malaise, et elle parut durer un temps infini, dans un silence qui n'était pas seulement celui de quatre personnes qui n'interagissaient pas; il était celui de quatre personnes qui ne pensaient strictement à rien, désincarnées, leur cerveau servant tout juste à assurer le minimum de fonctions vitales: juste quatre unités de matière empilée à la verticale, occupant un certain volume dans une boîte lancée en l'air. Quand les portes s'ouvrirent sur le dernier étage dans un énième tintement horripilant, je me laissai aller à expirer, comme si j'avais retenu mon souffle tout le long. Depuis ce soir-là, je hais les ascenseurs et m'arrange autant que possible pour prendre les escaliers, quel que soit le nombre d'étages à gravir.
Les gardes du corps nous laissèrent dans entrer dans la suite après avoir vérifié que tout était en ordre à l'intérieur, et lorsque Gackt leur donna congé pour la soirée, peut-être fut-ce ma paranoïa qui me fit entendre de leur part un petit rire sarcastique, presque inaudible.
La suite se révéla être presque aussi grande que le hall d'entrée: c'était un penthouse décoré à l'européenne et doté, à travers la baie vitrée qui allait d'un bout à l'autre de la pièce principale, d'une vue imprenable sur Tokyo. Mais la vue était le cadet de mes soucis: à présent, j'étais seul avec lui et la pièce ne serait jamais assez grande pour lui échapper.
Il s'installa nonchalamment sur un canapé, étala ses longues jambes élégantes devant lui, ôta sa veste qu'il plia avec soin et mit de côté sur une table avec ses boutons de manchette, défit sa cravate et les premiers boutons de son col et finalement posa le regard sur moi. C'était bien moi qu'il regardait, cette fois, sans calcul; il me jaugeait avec appréciation, prenant son temps, les paupières à demi closes comme si elles supportaient tout juste le poids de ses longs cils. J'étais resté debout, hypnotisé par ses gestes. Le silence s’étira encore un long moment avant que son murmure sexy ne le rompît:
- « Enlève tes vêtements. »
Bien sûr. C’était pour ça qu’il m’avait amené avec lui. Mais quel con! A quoi donc avais-je pensé en le suivant après lui avoir dit que j’étais prêt à me vendre? Je ne l’avais pas repoussé dans la voiture, mais à quoi avais-je pensé? Il m’attirait, d’accord. Tellement qu’il fallait presque que je m’empêche de baver, et quoique amoindrie, mon érection ne m’avait toujours pas quitté. Je n’étais pas une vierge effarouchée non plus: Takeshi m’était témoin, je mettais plus que du coeur à l’ouvrage quand je lui faisais une fellation. Mais la perspective, maintenant terriblement réelle, de coucher avec Gackt, soudain me terrorisait. Tout était allé beaucoup trop vite, et le shoot d’endorphines que j’avais reçu au stade voyait ses effets se dissiper: à présent j’étais en plein bad trip. Néanmoins, de reculer au point où j’en étais m'effrayait tout autant, voire plus. Qu’est-ce que j’étais supposé dire? « Temps mort, on arrête là et on se fait un scrabble!»? Je ne le connaissais pas, putain! Je l’avais suivi comme un crétin de fanboy sans penser une seule seconde aux conséquences: et s’il avait des habitudes sexuelles bizarres? Même si je n’étais pas nitouche je ne donnais pas dans le gore ou les trucs scatos. Et le sida? Bon, ça, ce n’était pas vraisemblable, s’il avait chopé la chtouille ça se saurait. Mais si c’était récent et que lui-même n’était pas au courant? S’il avait l’habitude de se lever des groupies après chaque concert, dieu sait ce qu’il pouvait se trimballer maintenant...
Il eut un raclement de gorge pour me signifier qu’il commençait à perdre patience et je m’agenouillai aussitôt pour enlever mes bottes. Mes doigts gourds arrivèrent finalement à défaire mes lacets après quelques essais infructueux qui me firent rougir jusqu’aux oreilles - quel était le con qui avait inventé des merdes pareilles? Je fis passer au-dessus de ma tête mon t-shirt - arborant un grand « MAKE ME YOUR BITCH» en lettres fluo, un cadeau d’un des travelos copains de Kyo, et ce ne fut qu’à cet instant que je me rendis compte du caractère très - trop - « approprié » de cette inscription. Ca n’avait pas dû lui échapper, à lui, dans la loge. Je rougis de plus belle, me sentant ridicule à souhait. Le foutu t-shirt tomba à mes pieds nus dans un bruit d’eau et fut bientôt rejoint par mon baggy que j’avais dézippé en toute hâte. Je me retrouvai face à lui, complètement dénudé, le visage en feu après mon strip-tease maladroit, soulagé malgré tout d’avoir pu libérer mon sexe de son carcan. Il eut un sourire bienveillant et, du doigt, me fit signe d’approcher. Je fis quelques pas pour ensuite stopper net et rester bêtement debout près de lui: qu’est-ce que je devais faire? M’asseoir à côté? Allons bon, comme une collégienne à côté de son amoureux sur un banc public? Quoi, alors? Me mettre à genoux et m’attaquer directement à sa braguette? Il résolut mon dilemme en tapotant sa cuisse: il me voulait sur ses genoux. Et merde. Je m’assis comme je pus; anxieux à l’idée d’être trop lourd pour lui j’essayai de transférer mon poids sur mes jambes restées au sol: ce n’était pas très confortable mais c’était mieux que de l’écraser. Malheureusement, il releva mes jambes pour les poser sur le canapé et je dus raccrocher mes bras autour de son cou pour ne pas perdre l’équilibre. Mort de honte, j’enfouis mon visage au creux de son épaule, respirant à plein nez son odeur: un parfum synthétique, de produit de beauté, son démaquillant sans doute, et en reniflant mieux, une odeur de propre, de savon, quelque chose d’un peu plus humain, de quotidien, qui me rassura. Il eut un rire doux et murmura:
- « Tu me chatouilles, on dirait un chien errant que j’aurais ramassé sous la pluie. »
La comparaison ne me flatta guère, mais il écarta une mèche du bout des doigts et déposa un baiser sur mon front.
« Comment tu t’appelles?
-Miyabe.
-Mmmh, c'est joli, mais ça n’ira pas, dit-il en continuant d'embrasser mon front et mes paupières, ce qui me rendit languissant. Nous devrons changer ça, aussi. »
Comment ça, « aussi »? Changer? La question, pourtant importante, s’évanouit dans mon esprit brumeux quand il me releva le menton pour embrasser ma gorge. Je frissonnai et bougeai légèrement le bassin. Il me mordilla l’oreille: j’émis un soupir à demi gémissant, mes mains se pressèrent un peu plus contre son dos, et le reste de mon corps se colla lascivement contre le sien. Il passa sa main sous ma nuque et amena mes lèvres aux siennes dans un baiser extrêmement doux; je sentis ses doigts s’enrouler autour de mon pénis et les faire lentement aller et venir. Mon érection repartit de plus belle.
« J’aime ça. J’aime tes lèvres. J’aime ta main sur ma bite.» chuchotai-je, me sentant pute, lorsqu'il rompit le contact du baiser pour observer mon visage. Son sourire s’étira.
Il lécha et mordilla la peau tendre entre ma mâchoire et mon lobe d’oreille tout en intensifiant sa caresse. Sa main savait exactement comment me toucher et sa langue me rendait dingue; je me raccrochais à lui désespérément, en gémissant malgré moi, comme une fille. Je sentis sa propre érection toucher le dessous de ma cuisse, je voulais... C’était obscène qu’il fût encore habillé, je voulais sa peau contre ma peau, me frotter contre lui comme un animal en rut; sa main glissait de plus en plus vite sur ma verge dressée, dégoulinante de liquide séminal. La jouissance bouillait dans mon bas-ventre et montait graduellement, mais alors que je commençais à venir, une peur instinctive s'abattit sur moi.
Je le repoussai avec violence et me retrouvai debout sur mes jambes, qui encadraient toujours ma douloureuse érection. Quelques gouttes de sperme y avaient déjà perlé. Pour la deuxième fois de la soirée, il me dévisagea avec stupéfaction.
-"Par... pard..." haletai-je, puis avisant la salle de bains, j'y courus et m'y enfermai. Le bois de la porte contre mon dos et le carrelage froid sous mes pieds me calmèrent un peu, mais mon coeur battait encore furieusement dans ma poitrine.
"...Okay. Qu'est-ce qui m'a pris, bordel?" soupirai-je à voix basse, mais je connaissais déjà la réponse.
Tout ça était devenu beaucoup trop intense pour moi, et j'avais eu peur de perdre le contrôle de la situation. La brutalité de ma réaction m’avait surpris autant que lui, mais à ses yeux, j'avais sans doute commis l'irréparable. Comment me présenter à nouveau devant lui? Plus je l'aurais fait attendre, moins j'aurais eu de chances de me faire pardonner, et il aurait bien fallu que je sorte de cette putain de salle de bain un jour. Je formai le projet idiot d'attendre qu'il allât dormir pour me carapater en douce, mais ça ne rimait à rien, et j'aurais eu l'air fin s'il m'avait surpris en train de me sauver. Je croisai mon regard dans la glace: les cheveux noirs qui tombaient de part et d'autre de mon visage faisaient ressortir la couleur de mes lèvres et mes joues rougies par l'excitation et mes yeux aux pupilles dilatées luisaient fiévreusement. Il m'apparut que je pouvais être sexy, quand je voulais: après tout, je pouvais peut-être me faire pardonner.
J'ouvris la porte et reparut devant lui avec mon expression la plus contrite.
Il s'était remis debout et me considérait avec froideur.
-"Tu peux me dire à quoi tu joues?"
La ligne de sa mâchoire s'était durcie. Je ne sus quoi répondre.
"Je suis déçu. Je me suis trompé, et toi aussi. Tu peux prendre tes affaires et rentrer chez toi.
-Non!criai-je aussitôt, implorant. Je ne joue à rien, je ne sais pas ce qui m'a pris. Laissez-moi une chance, je ferai..."
Je me mordis la lèvre.
-"...tout ce que je veux?" poursuivit-il à ma place.
Je regrettai mes mots. Il me tourna le dos et alla à la chambre à coucher. Je le suivis, en supposant que c'était ce qu'il attendait de moi. Il désigna le lit:
"Allonge-toi et occupe-toi de ça..." Du bout de l'index, il tapota mon gland rendu extrêmement sensible. "...tout seul. Tâche de me convaincre."
Je pris place à quatre pattes sur le lit, sans le quitter du regard puis, en équilibre sur une main, entrepris de me masturber sous ses yeux. Je frôlais mon sexe d'abord doucement, avec l'intérieur de la paume. J'étais beaucoup trop excité et le moindre contact pouvait me faire mal, je préférais être prudent.
Se sentant d'humeur à jouer un peu avec moi, il imita un bâillement sonore. Je ramenai ma paume mouillée à ma bouche et léchai en le regardant droit dans les yeux, puis je plaçai mon majeur sur la partie sensible entre mon anus et mon scrotum et le fis glisser, suivant la courbe de mes bourses, la longueur raide de mon pénis pour finir en cercles concentriques sur mon gland lubrifié. Je hissai une inspiration sifflante à travers mes dents et humectai mes lèvres. Ma bite était si sensible que je ne pouvais pas me permettre de l'agacer davantage: il fallait que je me libère vite fait. Sans plus de cérémonies, je me mis à genoux et la caressa à pleine main, très vite. De cette façon je ne sentais presque plus la douleur et la chaleur revint dans mon ventre, j'y étais presque, mais au dernier moment, il se saisit de ma main et l'éloigna. Par réflexe, voulant désespérément avoir mon orgasme, j'essayai de continuer avec la main gauche, mais il la retint également, de son autre main. Je tentai de me débattre, peine perdue, sa poigne était inflexible. J'étais éprouvé, au bord des larmes, je voulais tellement jouir; j’essayai de parler mais à la place ce fut un sanglot qui monta du fond de ma gorge.
Il embrassa ma pommette où avait roulé une unique larme, et dit:
« Je m’en veux de te trouver aussi mignon, c’est une faiblesse de ma part. Ca me donne envie d’être méchant avec toi. »
Il posa sa bouche sur la mienne puis mordit tout à coup dans ma lèvre inférieure. Le choc me fit sursauter.
« Retiens bien que c’est à moi seul de décider quand tu jouis... », il jeta un coup d’oeil satisfait à mon entrejambe secouée par les tremblements nerveux de mon bassin: « ...ou pas. »
J’avais déjà les nerfs à vif après ce début de soirée chaotique et cette suite d’orgasmes interrompus; cette dernière phrase me mit hors de moi:
«Va te faire foutre! » hurlai-je en me débattant, furieux. Rien à faire, je ne réussissais qu’à me faire mal aux poignets.  « La putain de ta mère, va te faire foutre! »
Indifférent à mes ruades, il s’agenouilla près du lit et me fit allonger avec une facilité déconcertante, les bras retenus de part et d’autre de ma tête.
« Shhhhhh, laisse-moi m’occuper de toi. Tu ne veux pas m’énerver davantage, pas vrai? »
Il suça un de mes tétons avec une vigueur qui m’arracha un cri.
« Là, là, je vais te relâcher et te faire jouir, ça te calmera. »
Il lâcha un de mes poignets et sa main libre glissa de mon ventre à mon pénis pour reprendre là où je m’étais arrêté quelques instants plus tôt. Ca m’énervait qu’il me parlât comme à un enfant turbulent, mais lorsqu’il attrapa à nouveau ma bite pour me la branler, je me sentis éperdu de reconnaissance:
«- Oui... oh oui je t’en prie je t’en supplie n’arrête pas, n’arrête pas! S’il te plaît, s’il te plaît... »
Je poursuivis ma mélopée plaintive et incohérente tandis qu’il desserrait l’étreinte de mon second poignet et me léchait le torse, tout en continuant à me masturber. Je jouis très vite, et mon pénis malmené fit gicler un flot de sperme sur sa main et le haut de mes cuisses. Je me rendis compte que, pendant l’éjaculation, j’avais enfoncé mes doigts dans ses cheveux, et que maintenant que j’étais revenu à moi, encore secoué de spasmes, je continuais à les caresser. Je les ôtai de là aussitôt.
« Tu es vraiment trop mignon. » dit-il en se relevant. Mon geste ne lui avait pas échappé. « Voyons maintenant ce qu’on va pouvoir faire de ça... »
Il considérait sa main droite, pleine de mon sperme.
J’étais trop dévasté pour contempler ne serait-ce que la possibilité de remettre ça. Je commençai à dire quelque chose mais, sans prévenir, il releva mes cuisses et me caressa l’intérieur des fesses, étalant le sperme refroidi sur mon anus. Puis il trempa l’index et le majeur dans sa salive et avant que je n’eusse le temps de protester, fit pénétrer l’un puis l’autre, et les remua à l’intérieur. Je serrai les dents pour ne pas lui faire le plaisir de crier, après m’être humilié en le suppliant; cependant mon corps fut plus enclin à la compromission que moi et, dès qu’il toucha mon point sensible, ma verge se dressa de tout son long comme si les festivités venaient tout juste de commencer. Je me mordis le poing jusqu’au sang. Ayant obtenu l’effet qu’il désirait, il ôta ses doigts et se remit debout. Il ouvrit le tiroir de sa table de nuit et en sortit des préservatifs et un tube qui avait l’air d’avoir été usé; puis il se départit de sa chemise, révélant un torse de statue, défit la boucle de sa ceinture et enfin baissa sa braguette. Il en sortit son pénis, rouge et excité; déchirant un des emballages avec les dents, il prit une capote qu’il déroula le long du membre durci, puis il revint vers moi. Je n’avais pas bougé d’un millimètre; j’avais sagement attendu, figé, les bras le long du corps: j’étais résigné à présent. J’essayai quand même, sans grand espoir, de le dissuader:
«-J’aime pas ça. Me faire pénétrer, je veux dire. On pourrait peut-être s’en tenir à... »
Il ne m’écoutait pas, occupé qu’il était à étaler le lubrifiant sur le latex. Il en mit également sur son pouce et frotta mon anus avec, puis il me souleva le bassin par les genoux. Il fourra un bout de drap dans ma bouche, annonça:
« -Mords dedans, ça risque de faire mal; désolé, je ne m’arrête plus pour toi. »
Et m’enfila aussi sec sur toute la longueur de son pénis.
Des étoiles de douleur explosèrent devant mes yeux: c’était heureux en effet que j’aie le drap à mordre, sinon c’était ma langue qui y passait. Il me pénétrait tantôt à longs traits, tantôt pilonnant mon cul à répétition, ses ongles s’enfonçaient dans la chair de mes fesses; lui aussi devait être à bout. Il jouit en poussant un cri bref et se retira presque aussitôt en laissant mon sphincter béant, à se refermer lentement. Quelques secondes, le temps de reprendre son souffle et il y refourra les doigts, trois cette fois. Son majeur retrouva ma prostate et y marqua une caresse appuyée; je criai à pleins poumons lorsque l’orgasme me prit et que j’éjaculai incontrôlablement.
Il enleva ses doigts dans un bruit de succion. Je me roulai en boule sur le côté et entourai mes genoux avec mes bras pour empêcher mon corps de trembler. Je le sentis dans mon dos qui s’asseyait au bord du lit; il y eut un frottement de bois, il devait chercher encore quelque chose dans le tiroir. J’eus peur un instant que ce ne fût un sex toy ou un truc bizarre, mais le cliquetis d’un briquet et l’odeur de la fumée de tabac qui se répandit peu après me rassérénèrent.
«-Tu en veux? » me proposa-t-il.
Je me retournai sur moi-même et me redressai à moitié en prenant appui sur mes coudes. Je lui pris la cigarette des doigts et en retirai une longue bouffée que je laissai échapper par mes narines; j’en repris une autre à la hâte avant de la lui rendre et de m’effondrer, allongé sur le ventre, le visage tourné vers lui. Il contempla mon corps couvert de sueur d’un air pensif tout en tirant sur sa clope.
« Tu es un peu... rustique, mais on va peut-être pouvoir faire quelque chose de toi. »
Cette remarque touchait un point trop sensible pour la laisser passer tranquillement. Je me redressai à nouveau sur les coudes et rétorqua avec toute l’insolence et la férocité dont j’étais capable:
« -Maintenant que tu m’as fait le cul, partageons nos secrets intimes, dis-moi : jusqu’à quel point tu t’es fait refaire? »
Il eut un bref sourire avant d’écraser son mégot brûlant au creux de mes reins.

Profile

sevenswells: (Default)
sevenswells

December 2016

S M T W T F S
    123
45678910
11121314151617
18 192021222324
25262728 2930 31

Most Popular Tags

Style Credit

Expand Cut Tags

No cut tags
Page generated Jan. 23rd, 2026 11:17 am
Powered by Dreamwidth Studios