Hoshi no Suna ~ chapitre 6
Oct. 19th, 2007 10:38 pmJe meurs de faim, je poste ça et je vais dîner!
Juste un petit "disclaimer" avant: même si ce chapitre est au présent, il n'a qu'une valeur de "présent dans le passé" pour vivifier l'action (c'est une description de fête); ça n'a rien à voir avec le présent de narration de Miyabe qui est rentré chez lui.
Je sais pas si je me suis bien fait comprendre, mais j'espère que ça ira pour la lecture.
HÉ!!! J'AI RÉUSSI À ÉCRIRE UN TRUC!!! OUÉÉÉÉÉÉ!!!
[edit] Ah, et merci à Kosh pour son soutien moral! Oué!
Juste un petit "disclaimer" avant: même si ce chapitre est au présent, il n'a qu'une valeur de "présent dans le passé" pour vivifier l'action (c'est une description de fête); ça n'a rien à voir avec le présent de narration de Miyabe qui est rentré chez lui.
Je sais pas si je me suis bien fait comprendre, mais j'espère que ça ira pour la lecture.
HÉ!!! J'AI RÉUSSI À ÉCRIRE UN TRUC!!! OUÉÉÉÉÉÉ!!!
[edit] Ah, et merci à Kosh pour son soutien moral! Oué!
La bouffée de shit me râpe la gorge et le mince fil de fumée qui s'échappe du bédo me fait plisser des yeux. Dès que j'aurai fini, le grand Noir à l'entrée qui se fait passer pour un Américain me proposera du speed ou ses ectsas frappés d'une tête d'alien. Ça risquait de faire beaucoup. J'ai soif.
J'avise un type maigre qui porte une espèce de costume à paillettes façon Elvis et lui vole sa coupe de champagne en riant. Il me propose de partager. Je glousse encore un peu, prends une gorgée et lui roule un patin noyé d'alcool. Pour ce que j'en sais, c'est peut-être un gars important, ou juste un gusse sappé de façon ridicule, alors dans le doute, ne pas le contrarier. Quand notre baiser s'interrompt enfin, j'entends des gens autour qui nous applaudissent. Elvis est pas mal, vu de près. J'ai encore mes bras autour de son cou. Il se passe la langue sur les lèvres et je sens sa main qui descend vers mes fesses; mais elle touche d'abord la brûlure de cigarette que l'autre enfoiré m'a faite hier soir. Ça me refroidit direct. Prétendant être plus défoncé que je ne le suis vraiment, je fais semblant de perdre l'équilibre, me raccroche, en riant sans discontinuer, à une pute qui se trouvait là, sors des excuses embrouillées et m'éloigne en titubant. Hop, comme ça Elvis ne sera pas vexé.
Je le cherche du regard. Il y a trop de gens et ma vision est confuse. J'ai trop chaud. J'enlève mon t-shirt. Je m'avance encore un peu dans la foule, je crois reconnaître quelqu'un: Sachiko le gundam. C'est sa secrétaire particulière et sa fan numéro un, une petite chose mignonne qui est venue me récupérer à l'hôtel alors que lui était déjà parti. Elle m'a réveillé avec, à la main, un grand verre de jus d'orange frais, comme si elle avait toujours eu l'habitude.
Elle porte, en ce moment, le même tailleur de ce matin: bien coupé, sans doute griffé, mais qui la moule là où il ne faut pas, lui fait des plis bizarres dans certains endroits, et les épaulettes énormes font paraître son cou trop tassé. La première chose qui était venue à mon esprit engourdi de sommeil, c'était qu'elle ressemblait à un gundam qui aurait raté sa transformation et qui serait resté coincé comme ça. Je ne connais pas son nom de famille, elle restera Sachiko le gundam à jamais.
Je m'approche d'elle et lui demande si elle ne l'a pas aperçu. Elle doit être la seule personne de la soirée à avoir l'esprit clair et le sang clean. Après m'avoir regardé d'un air iniquiet, elle m'indique la direction. Je n'entends presque plus la musique, elle me semble lointaine. Je vois un flash de cheveux blonds. C'est bien lui, dans une alcôve, en costard, à discuter avec d'autres gens en costard, sales gueules. Son regard croise le mien et m'annonce clairement la couleur: si tu me viens me déranger, je te tue. Je fais un pas en arrière mais mon pied n'est pas sûr, je trébuche, je vais me casser la gueule et ce sera bien fait pour lui. Sachiko me rattrape: elle m'a suivi, brave chien, bon toutou. Elle me demande si tout va bien. Il ne te baisera jamais, tu sais, c'est moi qu'il a baisé hier, plusieurs fois. Est-ce que je l'ai dit tout haut? Je ne sais plus, et je n'arrive pas à voir le visage de Sachiko: ce n'est qu'une grosse tache floue comme une larme, qui me fait beaucoup rire. J'ai vraiment trop chaud, je bous: c'est toute cette condensation de corps en mouvement avec trop de couleurs et de bruit à la fois, il faut absolument que je sorte d'ici. Je l'ai dit à voix haute, ça? Parce que Sachiko, le gundam, le gundam, qu'est-ce qu'on se marre, le gundam m'attrape le bras avec une pince de fer et me traîne dans la mélasse de tous ces corps qui me donnent chaud et mal au crâne.
L'air, dehors, le froid, me heurte comme un mur. Je ne sais pas comment réagir alors je ris, mais il n'y a plus de bruit pour couvrir mon rire et je le trouve stupide, alors j'arrête. Le visage de Sachiko est soudain beaucoup plus net, délimité par la nuit. Il est blanc comme la lune et me fait envie, mais son expression emplie de peine m'empêche de le prendre dans mes mains pour l'embrasser. Elle me scrute comme si elle cherchait une réponse que je ne peux lui donner. Je me détourne d'elle et marche en vacillant vers la piscine. Elle pousse un petit cri et tente de me retenir, mais je marmonne, la langue pâteuse:
"Fous-moi la paix, putain, t'es pas ma mère."
Alors elle se fige et n'essaye plus. J'entends derrière moi ses talons plats qui se tournent et claquent mou sur le carrelage, la porte vitrée qui coulisse, une échappée compacte de bruit, qui s'étouffe à nouveau sur un dernier coulissement.
L'eau phosphorescente m'appelle. Avec un regain de bonne humeur, je vire mon pantalon et mes Docs et saute à poil dans la piscine.
Une silhouette apparaît à la surface à peine ai-je ouvert les yeux sous l'eau. C'est lui? pensé-je. Elle est partie le chercher?
Raté. C'est Elvis. La déception doit se lire sur mon visage parce qu'il se met à rire.
-"Elle est bonne?" me lance-t-il.
Méfiant, je nage vers le centre de la piscine.
-"Assez, oui." je lui réponds.
-"N'aie pas peur, je veux juste causer un peu.
-J'ai pas peur, okay? Me parle pas comme à une meuf, connard. Je fais ce que je veux et je t'emmerde."
Ah, bravo, super, la réplique: j'ai pas l'air d'une fille, j'ai l'air d'un attardé. Elvis en face s'installe sur le rebord, indifférent à mes aboiements.
"Hé, pas la peine de t'asseoir, je suis pas d'humeur à faire la conversation.
-Tu étais moins désagréable tout à l'heure.
-Putain mais d'où tu sors? Je pensais pas qu'un bécot au cours d'une fête de ce genre allait être pris au sérieux. T'as pas de vie ou quoi?
-J'ai une proposition. Tu veux être chanteur n'est-ce pas?
-Ça va, on me l'a faite, j'ai déjà couché pour réussir et l'affaire suit son cours. Sérieux, lâche-moi.
-C'est Camui qui te produit, c'est bien ça?"
Le brusque usage de son prénom manque de me faire sursauter. Pourtant, Elvis a l'air plus jeune que lui. Et avec sa tenue de mauvais goût, je n'arrive pas à conclure qu'ils sont amis. Je crâne pour le sport:
-"Non. J'ai signé chez Johnny's."
Elvis hausse les épaules.
-"Ça m'étonnerait. Je connais Kitagawa et tu n'es pas son genre." Il rit avec l'air de quelqu'un qui est le seul à comprendre la blague. "Trop grand, trop vieux.
-T'es qui, au juste? Tu te sappes n'importe comment, tu viens me draguer comme un puceau sa première pute et tu veux me faire croire que tu connais des gens?
-Je m'appelle Daigo Stardust. Un pseudonyme, bien sûr, mais mon vrai nom ne t'évoquerait rien."
Ça, ça me dit effectivement quelque chose. Un vague souvenir de posters dans la chambre de ma soeur.
-"Tu étais pas dans un groupe qui s'appelait Jeil ou un truc comme ça?"
Il a l'air sincèrement étonné.
-"Jzeil, oui. C'est amusant, je n'aurais jamais cru avoir affaire à quelqu'un qui connaîtrait ma période indie. On me reconnaît pour ma carrière solo, en général.
-Hé, ho, ça va, le melon, hein. C'est ma soeur qui était fan, pas moi."
Il lève les mains en signe de paix.
-"Oui, oui, d'accord. Tu veux que je te fasse un autographe, pour ta sœur?"
Et merde, j'en ai trop dit. Sans m'en rendre compte, je me suis également rapproché du bord.
-"Non.
-Dis-moi au moins ton nom, je t'ai donné le mien."
Je prends appui sur le béton et me hisse en-dehors de la piscine. Daigo est resté assis et ne se laisse visiblement pas impressionner par l'ostentation de ma nudité. Je me penche sur lui, mes cheveux trempés lui dégoulinent au visage. Je glisse mes mains mouillées et froides au détour de sa nuque et lui murmure dans le creux de l'oreille:
"Je m'appelle Elvis Presley."
Dans la limousine qui me ramenait enfin chez Kyo, Kamui me refit le coup des appels à la moitié de la population mondiale. Je puais le chlore et j'étais d'une humeur de chien tandis que la drogue s'éliminait de mon système. Il ne m'avait fait aucune remarque quand il m'avait retrouvé à poil près de la piscine. C'était à peine s'il avait haussé les sourcils. Il avait posément demandé à Sachiko de ramener une serviette et, après que je me fus séché et rhabillé, nous avions été prêts à partir.
Lorsque la sonnerie de son portable (pas une chanson à la mode ou un morceau de musique classique, juste une simple sonnerie électronique avec vibreur, sans intention artistique aucune) marqua une pause un peu plus longue, j'en profitai pour lâcher:
"Je peux te sucer?"
Il me regarda avec le même visage inexpressif que d'habitude, avec peut-être une imperceptible nuance de surprise. Puis il eut un geste de la main qui pouvait signifier n'importe quoi.
"Je t'en prie." répondit-il avec politesse.
Je me mis à genoux et défit sa braguette pour en extirper son sexe et le fourrer dans ma bouche.
"Que te voulait Daigo, tout à l'heure?"
La question, inattendue, me fit marquer une pause. Je levai les yeux vers lui. Il avait les paupières closes et la tête légèrement rejetée en arrière, la nuque appuyée sur la banquette de cuir blanc. Je renonçai à essayer de décrypter son humeur. Il n'avait pas eu de ton particulier. J'ôtai sa bite de ma bouche en laissant échapper un filet de salive, et me mis à la branler lentement pour pouvoir lui répondre.
-"Pas grand chose. Il m'a donné un autographe pour ma soeur, elle est fan."
Il se pencha en avant pour m'embrasser, un long baiser vorace.
-"Fais très attention de bien savoir à quel jeu tu joues, Miyabe, souffla-t-il près de mon visage, ses yeux au bleu artificiel intensément rivés aux miens.
Je ne répondis rien et dégagea ma nuque de son étreinte pour me remettre à le sucer.
Dans la poche de mon pantalon se trouvait une carte de visite.
J'avise un type maigre qui porte une espèce de costume à paillettes façon Elvis et lui vole sa coupe de champagne en riant. Il me propose de partager. Je glousse encore un peu, prends une gorgée et lui roule un patin noyé d'alcool. Pour ce que j'en sais, c'est peut-être un gars important, ou juste un gusse sappé de façon ridicule, alors dans le doute, ne pas le contrarier. Quand notre baiser s'interrompt enfin, j'entends des gens autour qui nous applaudissent. Elvis est pas mal, vu de près. J'ai encore mes bras autour de son cou. Il se passe la langue sur les lèvres et je sens sa main qui descend vers mes fesses; mais elle touche d'abord la brûlure de cigarette que l'autre enfoiré m'a faite hier soir. Ça me refroidit direct. Prétendant être plus défoncé que je ne le suis vraiment, je fais semblant de perdre l'équilibre, me raccroche, en riant sans discontinuer, à une pute qui se trouvait là, sors des excuses embrouillées et m'éloigne en titubant. Hop, comme ça Elvis ne sera pas vexé.
Je le cherche du regard. Il y a trop de gens et ma vision est confuse. J'ai trop chaud. J'enlève mon t-shirt. Je m'avance encore un peu dans la foule, je crois reconnaître quelqu'un: Sachiko le gundam. C'est sa secrétaire particulière et sa fan numéro un, une petite chose mignonne qui est venue me récupérer à l'hôtel alors que lui était déjà parti. Elle m'a réveillé avec, à la main, un grand verre de jus d'orange frais, comme si elle avait toujours eu l'habitude.
Elle porte, en ce moment, le même tailleur de ce matin: bien coupé, sans doute griffé, mais qui la moule là où il ne faut pas, lui fait des plis bizarres dans certains endroits, et les épaulettes énormes font paraître son cou trop tassé. La première chose qui était venue à mon esprit engourdi de sommeil, c'était qu'elle ressemblait à un gundam qui aurait raté sa transformation et qui serait resté coincé comme ça. Je ne connais pas son nom de famille, elle restera Sachiko le gundam à jamais.
Je m'approche d'elle et lui demande si elle ne l'a pas aperçu. Elle doit être la seule personne de la soirée à avoir l'esprit clair et le sang clean. Après m'avoir regardé d'un air iniquiet, elle m'indique la direction. Je n'entends presque plus la musique, elle me semble lointaine. Je vois un flash de cheveux blonds. C'est bien lui, dans une alcôve, en costard, à discuter avec d'autres gens en costard, sales gueules. Son regard croise le mien et m'annonce clairement la couleur: si tu me viens me déranger, je te tue. Je fais un pas en arrière mais mon pied n'est pas sûr, je trébuche, je vais me casser la gueule et ce sera bien fait pour lui. Sachiko me rattrape: elle m'a suivi, brave chien, bon toutou. Elle me demande si tout va bien. Il ne te baisera jamais, tu sais, c'est moi qu'il a baisé hier, plusieurs fois. Est-ce que je l'ai dit tout haut? Je ne sais plus, et je n'arrive pas à voir le visage de Sachiko: ce n'est qu'une grosse tache floue comme une larme, qui me fait beaucoup rire. J'ai vraiment trop chaud, je bous: c'est toute cette condensation de corps en mouvement avec trop de couleurs et de bruit à la fois, il faut absolument que je sorte d'ici. Je l'ai dit à voix haute, ça? Parce que Sachiko, le gundam, le gundam, qu'est-ce qu'on se marre, le gundam m'attrape le bras avec une pince de fer et me traîne dans la mélasse de tous ces corps qui me donnent chaud et mal au crâne.
L'air, dehors, le froid, me heurte comme un mur. Je ne sais pas comment réagir alors je ris, mais il n'y a plus de bruit pour couvrir mon rire et je le trouve stupide, alors j'arrête. Le visage de Sachiko est soudain beaucoup plus net, délimité par la nuit. Il est blanc comme la lune et me fait envie, mais son expression emplie de peine m'empêche de le prendre dans mes mains pour l'embrasser. Elle me scrute comme si elle cherchait une réponse que je ne peux lui donner. Je me détourne d'elle et marche en vacillant vers la piscine. Elle pousse un petit cri et tente de me retenir, mais je marmonne, la langue pâteuse:
"Fous-moi la paix, putain, t'es pas ma mère."
Alors elle se fige et n'essaye plus. J'entends derrière moi ses talons plats qui se tournent et claquent mou sur le carrelage, la porte vitrée qui coulisse, une échappée compacte de bruit, qui s'étouffe à nouveau sur un dernier coulissement.
L'eau phosphorescente m'appelle. Avec un regain de bonne humeur, je vire mon pantalon et mes Docs et saute à poil dans la piscine.
Une silhouette apparaît à la surface à peine ai-je ouvert les yeux sous l'eau. C'est lui? pensé-je. Elle est partie le chercher?
Raté. C'est Elvis. La déception doit se lire sur mon visage parce qu'il se met à rire.
-"Elle est bonne?" me lance-t-il.
Méfiant, je nage vers le centre de la piscine.
-"Assez, oui." je lui réponds.
-"N'aie pas peur, je veux juste causer un peu.
-J'ai pas peur, okay? Me parle pas comme à une meuf, connard. Je fais ce que je veux et je t'emmerde."
Ah, bravo, super, la réplique: j'ai pas l'air d'une fille, j'ai l'air d'un attardé. Elvis en face s'installe sur le rebord, indifférent à mes aboiements.
"Hé, pas la peine de t'asseoir, je suis pas d'humeur à faire la conversation.
-Tu étais moins désagréable tout à l'heure.
-Putain mais d'où tu sors? Je pensais pas qu'un bécot au cours d'une fête de ce genre allait être pris au sérieux. T'as pas de vie ou quoi?
-J'ai une proposition. Tu veux être chanteur n'est-ce pas?
-Ça va, on me l'a faite, j'ai déjà couché pour réussir et l'affaire suit son cours. Sérieux, lâche-moi.
-C'est Camui qui te produit, c'est bien ça?"
Le brusque usage de son prénom manque de me faire sursauter. Pourtant, Elvis a l'air plus jeune que lui. Et avec sa tenue de mauvais goût, je n'arrive pas à conclure qu'ils sont amis. Je crâne pour le sport:
-"Non. J'ai signé chez Johnny's."
Elvis hausse les épaules.
-"Ça m'étonnerait. Je connais Kitagawa et tu n'es pas son genre." Il rit avec l'air de quelqu'un qui est le seul à comprendre la blague. "Trop grand, trop vieux.
-T'es qui, au juste? Tu te sappes n'importe comment, tu viens me draguer comme un puceau sa première pute et tu veux me faire croire que tu connais des gens?
-Je m'appelle Daigo Stardust. Un pseudonyme, bien sûr, mais mon vrai nom ne t'évoquerait rien."
Ça, ça me dit effectivement quelque chose. Un vague souvenir de posters dans la chambre de ma soeur.
-"Tu étais pas dans un groupe qui s'appelait Jeil ou un truc comme ça?"
Il a l'air sincèrement étonné.
-"Jzeil, oui. C'est amusant, je n'aurais jamais cru avoir affaire à quelqu'un qui connaîtrait ma période indie. On me reconnaît pour ma carrière solo, en général.
-Hé, ho, ça va, le melon, hein. C'est ma soeur qui était fan, pas moi."
Il lève les mains en signe de paix.
-"Oui, oui, d'accord. Tu veux que je te fasse un autographe, pour ta sœur?"
Et merde, j'en ai trop dit. Sans m'en rendre compte, je me suis également rapproché du bord.
-"Non.
-Dis-moi au moins ton nom, je t'ai donné le mien."
Je prends appui sur le béton et me hisse en-dehors de la piscine. Daigo est resté assis et ne se laisse visiblement pas impressionner par l'ostentation de ma nudité. Je me penche sur lui, mes cheveux trempés lui dégoulinent au visage. Je glisse mes mains mouillées et froides au détour de sa nuque et lui murmure dans le creux de l'oreille:
"Je m'appelle Elvis Presley."
Dans la limousine qui me ramenait enfin chez Kyo, Kamui me refit le coup des appels à la moitié de la population mondiale. Je puais le chlore et j'étais d'une humeur de chien tandis que la drogue s'éliminait de mon système. Il ne m'avait fait aucune remarque quand il m'avait retrouvé à poil près de la piscine. C'était à peine s'il avait haussé les sourcils. Il avait posément demandé à Sachiko de ramener une serviette et, après que je me fus séché et rhabillé, nous avions été prêts à partir.
Lorsque la sonnerie de son portable (pas une chanson à la mode ou un morceau de musique classique, juste une simple sonnerie électronique avec vibreur, sans intention artistique aucune) marqua une pause un peu plus longue, j'en profitai pour lâcher:
"Je peux te sucer?"
Il me regarda avec le même visage inexpressif que d'habitude, avec peut-être une imperceptible nuance de surprise. Puis il eut un geste de la main qui pouvait signifier n'importe quoi.
"Je t'en prie." répondit-il avec politesse.
Je me mis à genoux et défit sa braguette pour en extirper son sexe et le fourrer dans ma bouche.
"Que te voulait Daigo, tout à l'heure?"
La question, inattendue, me fit marquer une pause. Je levai les yeux vers lui. Il avait les paupières closes et la tête légèrement rejetée en arrière, la nuque appuyée sur la banquette de cuir blanc. Je renonçai à essayer de décrypter son humeur. Il n'avait pas eu de ton particulier. J'ôtai sa bite de ma bouche en laissant échapper un filet de salive, et me mis à la branler lentement pour pouvoir lui répondre.
-"Pas grand chose. Il m'a donné un autographe pour ma soeur, elle est fan."
Il se pencha en avant pour m'embrasser, un long baiser vorace.
-"Fais très attention de bien savoir à quel jeu tu joues, Miyabe, souffla-t-il près de mon visage, ses yeux au bleu artificiel intensément rivés aux miens.
Je ne répondis rien et dégagea ma nuque de son étreinte pour me remettre à le sucer.
Dans la poche de mon pantalon se trouvait une carte de visite.
no subject
Date: 2007-10-22 09:12 pm (UTC)Ce Miyavi-ci possède une sorte de vulnérabilité électrique ici - que je ne ressens pas nécéssairement chez le vrai - et qui est incroyablement touchante. On ressent aussi carrément la manière qu'il a de se mouvoir et ça, oh oui, je le ressens chez le vrai Miyavi. J'aime ce mélange d'inspiration et d'exactitude dans la description.
Gackt < qu'y a-t-il d'autre à dire?
Le Q.I insoupçonné de Daigo me botte botte botte.
Plus plus plus.
no subject
Date: 2007-10-22 09:29 pm (UTC)Et merci pour le QI insoupçonné de Daigo, l'expression m'a fait beaucoup rire, c'est vrai qu'il a vraiment pas l'air comme ça 0.O Je ne suis pas non plus persuadée qu'en vrai il soit si méphistophélique sous son regard de vache qui regarde passer un train.
Enfin, pas merci pour Gackt parce qu'il n'en a pas besoin: il est Gackt.