Hoshi no Suna ~ chapitre 7
Nov. 10th, 2007 12:10 pmJ'ai l'impression que le Français... m'échappe. Les mots m'échappent quand j'écris. Ils ne m'appartiennent plus et je ne maîtrise plus rien - amusant pour quelqu'un qui croyait avoir suffisamment d'instruments en main pour ne plus s'embêter avec ce genre de choses...
J'ai très envie de continuer la fic Nodame pour voir comment Mine s'en sort avec son violon, mais à la demande générale de la fille la plus classe du monde, je vais plutôt essayer continuer celle-ci. (je me remate des clips avec Mimi pour me remettre dans l'ambiance, je le re-aime. Je crois à sa fragilité, à son charisme sans fondement et éphémère, à son joli corps avec ses longs membres chaotiques. Pour la scène où il se masturbe dans le chapitre deux, je crois que j'ai pensé à cette vidéo où il joue de la guitare (surtout vers la fin, quand il porte un t-shirt rose) http://youtube.com/watch?v=zOq2_NwMf2w : rapide, animal - ou juvénile - cherchant directement le plaisir sans passer par la sensualité, maltraitant son instrument, puis à la fin, déboussolé, le Miyavi schizo qui, derrière la pute pas chère, se demande très furtivement "mais qu'est-ce que je fous là?". Puis la pute reprend le dessus. :-D
Je l'adore. Vraiment. Beaucoup. Et j'avais oublié à quel point.)
Mimi... Tu déchires!
(Wouhou, attention, j'ai pas relu mon texte, c'est la fête!)
J'ai très envie de continuer la fic Nodame pour voir comment Mine s'en sort avec son violon, mais à la demande générale de la fille la plus classe du monde, je vais plutôt essayer continuer celle-ci. (je me remate des clips avec Mimi pour me remettre dans l'ambiance, je le re-aime. Je crois à sa fragilité, à son charisme sans fondement et éphémère, à son joli corps avec ses longs membres chaotiques. Pour la scène où il se masturbe dans le chapitre deux, je crois que j'ai pensé à cette vidéo où il joue de la guitare (surtout vers la fin, quand il porte un t-shirt rose) http://youtube.com/watch?v=zOq2_NwMf2w : rapide, animal - ou juvénile - cherchant directement le plaisir sans passer par la sensualité, maltraitant son instrument, puis à la fin, déboussolé, le Miyavi schizo qui, derrière la pute pas chère, se demande très furtivement "mais qu'est-ce que je fous là?". Puis la pute reprend le dessus. :-D
Je l'adore. Vraiment. Beaucoup. Et j'avais oublié à quel point.)
Mimi... Tu déchires!
(Wouhou, attention, j'ai pas relu mon texte, c'est la fête!)
Kyo m'attendait.
En fait, pas vraiment.
Il était en train de dormir, moi je n'avais pas les clés, et je dus sonner plusieurs fois avant qu'il ne vînt ouvrir. Quand il me vit, il n'eut pas l'air triste ou inquiet ou en colère; son visage était doux et lumineux malgré ses traits fatigués: il m'attendait.
Je le bousculai un peu dans ma précipitation d'aller vomir aux toilettes. Je me jetai violemment à genoux sur le carrelage pour rendre le chlore et ma colère. Tandis que mon estomac se révulsait et se vidait, Kyo resta, serein, à mes côtés.
J'étais malheureux, malade et grelottant mais il me planta fermement une brosse à dents dans la main et m'expliqua avec tout le sérieux du monde que l'acide des sucs gastriques allait me ronger les dents si je ne me les brossais pas. Tout en obéissant, il me prit le caprice de lui parler, et je me mis à lui raconter, tout, depuis que je lui avais demandé de me laisser auprès de Kamui, après le fameux concert. Même les détails scabreux; je lui montrai mon dos et la brûlure de cigarette en lui postillonant des gouttes de mousse mentholée à la figure. Cela lui fit plisser du front mais ma réplique à propos de la chirugie esthétique et mes grands gestes vengeurs avec la brosse à dents le déridèrent.
Il m'intima ensuite, en reprenant son sérieux, de résumer ma trop longue histoire et de recracher une bonne fois pour toutes la foutue mousse de dentifrice qui avait fini par me couler sur le menton, ce que je fis, puis il m'apporta des vêtements de rechange. Je lui fis remarquer que son pyjama était vraiment trop gay, il me traita de pucelle, se ravisa, m'appela plutôt grosse pute et me guida jusqu'à mon lit avec une claque retentissante sur les fesses. Bien sûr il n'allait pas me faire des compresses et rester à mon chevet pour me raconter des histoires de princesses et de dragons, il était crevé, c'était sa nuit de repos et je la lui avais pourri, alors ça allait bien comme ça les conneries.
Mais je sentis peut-être, furtivement, alors que je m'endormais, ses grosses lèvres baveuses et maladroites sur mon front, pour me souhaiter bonne nuit.
"Kyo, tu n'aurais pas vu mon pantalon...?"
Je le trouvai dans la salle de bain en train de sortir le linge de la machine à laver.
-"Tu disais, ma petite fleur?
-Mon pantalon baggy d'hier soir, je te demandais si tu...
-Celui-ci?
-Ah. Oui. Voilà.
-Il puait, c'était une horreur. Une bonne chose de faite, n'est-ce pas?
-Oui. Oui."
Je glissai ma main dans la poche du pantalon. Je la ramenai pleine de bouloches de papier détrempé.
"Et tu veux que je fasse quoi de lui au juste, Gacchan?"
La vieille pouffiasse décolorée au brushing à la Dallas me soufflait au nez une haleine de vieille clope, tout en plantant ses griffes dans ma tignasse.
Kamui, confortablement installé dans un fauteuil de mauvais goût, les jambes croisées, se faisait faire une manucure.
-"Ce que tu veux, Haruka, répondit-il sans détacher ses yeux des mouvements de la lime. Mais fais-en quelque chose.
-Qui s'accorderait à ton style? Ou à celui de...
-Certainement pas. Allons, tu es bien capable de trouver autre chose que du blond en pétard ou les coupes informes des Johnny's, non?
-Du blond en pétard et des coupes informes, grommela-t-elle. Elle me tritura un peu plus les cheveux avec exaspération, puis elle attrapa soudain mon visage à deux mains, les pouces calés contre mes pommettes, pour pouvoir me regarder bien en face, avec ses horribles yeux vayrons. J'eus la vision apocalyptique de sa grosse sa tête de crapaud half en gros plan. "Ouais. Ouais. Il a quelque chose de brut. Un peu rustique peut-être..."
Je jetai un regard noir à Kamui, qui sourit de façon charmante à la manucure. La vieille, elle, poursuivit son diagnostic avec une lueur nouvelle dans le regard, sans relâcher son étreinte:
"Une beauté traditionnelle. Un samouraï dramatique, du shambala avec une touche de...
-Sid Vicious." Kamui s'était relevé.
-"Encore?!
-N'oublie pas quel public nous visons.
-Ouais, je vois. La fillette qui craque sur le rebelle tatoué, mais sans trop se mettre en danger. Beauté féminisée, évidemment.
-Mais pas du Johnny's, nous sommes bien d'accord.
-Laisse-moi tranquille avec Johnny's, Gacchan, il faut bien que je paye l'université à mes filles. Tu vas le faire débrider, aussi?
-Évidemment.
-Évidemment. Bon. Je tiens quelque chose."
Kamui se prit un magazine au hasard et se mit à le feuilleter, laissant Haruka Hanajima, armée d'un rasoir, sur mon cas. Avec des gestes précis de maître calligraphe, elle fit pleuvoir des mèches de cheveux comme de l'encre sur le parquet. Moi je me cramponnais au fauteuil en gardant à l'oeil la lame qui fusait sans relâche, relayée en va-et-vient par les ongles épais et carmins qui réarrangeaient, ébourriffaient, tiraient, fixaient. Quand le ballet de la lame et de ses bras à la chair ballottante prit fin, Hanajima s'écarta d'un pas, considérant son oeuvre en louchant un peu: l'oeil vert était critique, le marron empli de satisfaction. Hochant la tête, elle dût décider que ça devait suffire et que j'étais prêt pour l'exposition en vitrine: elle passa un coup de balayette sur mes épaules, ôta la serviette blanche grande comme une nappe autour de mon cou, puis encore un petit coup chichiteux de balayette par-ci, un autre par-là. Enfin elle s'empara d'une énorme bouteille de laque pour en envoyer un plein nuage dans ma direction, sans doute avec la volonté de me vernir tout entier dans ma jeunesse éternelle.
"Montre-moi."
La voix de Kamui résonna plus grave que d'habitude, avec solennité. Tout le monde dans le salon de coiffure retint son souffle. S'ils n'avaient pas baissé les stores et fermé toutes les portes et les fenêtres à cause de la présence de Kamui, la rue entière aurait également stoppé toute activité. Je ne pouvais pas bouger, encore abruti par la laque et la frénésie de Hanajima. Il posa alors sa chaussure italienne près de ma cuisse, sur un coin du fauteuil, qu'il fit pivoter d'une pièce vers lui, tout en gardant appui sur son autre jambe. Il pencha la tête d'un côté, lentement, puis de l'autre, prit un léger recul, se pencha en avant, en posant ses avant-bras contre sa jambe repliée. Combien de temps resta-t-il ainsi à m'observer, comme à l'affût, son visage proche du mien, calculant sans fin le présent et l'avenir? Je ne fléchissais pas, mes yeux dans les siens, quitte à les perdre. Avait-il déjà prévu, dans cet instant où nos regards s'affrontaient, l'issue de notre guerre? Il se placarda soudain sur le visage un sourire faux, qui rompit à contretemps notre échange, et se tourna vers Hanajima:
-"Magnifique. Tu t'es surpassée."
La pauvre crapaude qui s'était secrètement tordu les mains regagna contenance et s'illumina, ce qui la rendit plus laide encore. Il me délaissa et s'approcha d'elle pour lui murmurer quelque chose tout en lui glissant une liasse et un sachet de poudre. Hanajima invita ensuite d'une voix suraiguë toutes ses employées à déjeuner avec elle d'okonomiyakis, gracieusement offerts par Camui-san. Les jeunes femmes poussèrent des petits cris de remerciement et quittèrent le salon dans une ambiance d'excitation digne de maternelles en classe verte. Hanajima ferma la marche de ses ouailles à reculons et effectua une courbette avant de sortir.
Restait Sachiko, oubliée dans un coin, tassée dans les milliers de plis de son tailleur de gundam, qui émergea d'une longue léthargie. Elle leva les yeux vers son idole: ce qu'elle parut comprendre la fit rougir des pieds à la tête. Avec trop de gestes inutiles, elle rassembla ses affaires, qui ne consistaient qu'en un simple attaché-case noir qu'elle serra comme un nounours et sortit à son tour en refermant très soigneusement la porte derrière elle. Cette scène provoqua chez moi un éclat de rire méchant, qui mourut dès que Camui revint vers moi. Il tendit la main vers mon visage et j'y nichai instinctivement la joue, mais il ne la caressa pas: il utilisa ses doigts pour la modeler, tout doucement. Puis il les fit glisser le long de ma mâchoire et son index me releva le menton. Son pouce vagabonda sur ma lèvre inférieure, mais quand je le voulus à l'intérieur de ma bouche, il alla plutôt se promener le long de ma gorge pour y sentir la veine qui battait furieusement. Les quatre autres doigts se cachèrent derrière ma nuque et en suivirent le creux: je frissonnai. Il passa son autre main sur mes yeux, effleurant mes cils, mais quand ma langue voulut goûter à sa paume, elle partit couvrir mon oreille et s'enfoncer dans mes cheveux. Elle embrassa entièrement l'arrière de mon crâne, et le soutint fermement lorsque ma nuque faiblit soudain comme une tige fatiguée. Pendant ce temps, l'autre main s'était arrêtée, avec une hésitation affectée, au col de mon t-shirt. Ses doigts pilaient sur place, au creux du cou, comme bloqués. Ce petit jeu m'irrita: la façon de contourner l'obstacle était pourtant évidente. De mauvaise grâce, j'ôtai mon t-shirt en envoyant ses mains au diable et me cala dans le dossier du fauteuil. Du bout des doigts, il traça superficiellement les lignes de mes côtes, les muscles de mon ventre, esquissa à peine les tétons, le nombril. Agacé, je rompis une fois de plus le contact et m'agitai pour défaire le bouton de mon jean et ma braguette. Il me laissa faire patiemment, et quand je me retrouvai nu, il s'agenouilla devant moi. Le choc que cela causa chez moi fut indescriptible. Indifférent à mon trouble, il écarta mes cuisses, les pétrit, massa mes mollets, caressa méthodiquement l'intérieur de mes genoux: je me surpris à pousser un cri plaintif, qui ne me ressemblait pas: ce cri se mua en halètement quand il me prit dans sa bouche sans prévenir. Il fut si doux que l'air en vint à me manquer; la jouissance me prit alors que j'étais au bord de l'asphyxie et je me cramponnai désespérément à lui en criant de toutes mes forces.
Il se releva, déglutit mon sperme comme si c'était la chose la plus naturelle au monde et se passa le pouce sur les lèvres pour y essuyer des gouttes imaginaires. Je tentai de me relever, pantelant, parce que c'était ce qu'il attendait, mais mes jambes débiles ne purent supporter mon poids. Il me rattrapa, sans effort apparent, avant que je ne m'effondre. Je ne me sentais pas à ma place dans ses bras, mais lui semblait trouver ça normal. Il me caressait les cheveux avec une douceur que je n'aurais jamais pu lui associer. Je tentai de me dégager de son étreinte lorsque je parvins à retrouver mon souffle et à tenir à peu près sur mes jambes, mais il me retint et murmura ce nom comme une fumée d'encens:
"Miyavi."
En fait, pas vraiment.
Il était en train de dormir, moi je n'avais pas les clés, et je dus sonner plusieurs fois avant qu'il ne vînt ouvrir. Quand il me vit, il n'eut pas l'air triste ou inquiet ou en colère; son visage était doux et lumineux malgré ses traits fatigués: il m'attendait.
Je le bousculai un peu dans ma précipitation d'aller vomir aux toilettes. Je me jetai violemment à genoux sur le carrelage pour rendre le chlore et ma colère. Tandis que mon estomac se révulsait et se vidait, Kyo resta, serein, à mes côtés.
J'étais malheureux, malade et grelottant mais il me planta fermement une brosse à dents dans la main et m'expliqua avec tout le sérieux du monde que l'acide des sucs gastriques allait me ronger les dents si je ne me les brossais pas. Tout en obéissant, il me prit le caprice de lui parler, et je me mis à lui raconter, tout, depuis que je lui avais demandé de me laisser auprès de Kamui, après le fameux concert. Même les détails scabreux; je lui montrai mon dos et la brûlure de cigarette en lui postillonant des gouttes de mousse mentholée à la figure. Cela lui fit plisser du front mais ma réplique à propos de la chirugie esthétique et mes grands gestes vengeurs avec la brosse à dents le déridèrent.
Il m'intima ensuite, en reprenant son sérieux, de résumer ma trop longue histoire et de recracher une bonne fois pour toutes la foutue mousse de dentifrice qui avait fini par me couler sur le menton, ce que je fis, puis il m'apporta des vêtements de rechange. Je lui fis remarquer que son pyjama était vraiment trop gay, il me traita de pucelle, se ravisa, m'appela plutôt grosse pute et me guida jusqu'à mon lit avec une claque retentissante sur les fesses. Bien sûr il n'allait pas me faire des compresses et rester à mon chevet pour me raconter des histoires de princesses et de dragons, il était crevé, c'était sa nuit de repos et je la lui avais pourri, alors ça allait bien comme ça les conneries.
Mais je sentis peut-être, furtivement, alors que je m'endormais, ses grosses lèvres baveuses et maladroites sur mon front, pour me souhaiter bonne nuit.
"Kyo, tu n'aurais pas vu mon pantalon...?"
Je le trouvai dans la salle de bain en train de sortir le linge de la machine à laver.
-"Tu disais, ma petite fleur?
-Mon pantalon baggy d'hier soir, je te demandais si tu...
-Celui-ci?
-Ah. Oui. Voilà.
-Il puait, c'était une horreur. Une bonne chose de faite, n'est-ce pas?
-Oui. Oui."
Je glissai ma main dans la poche du pantalon. Je la ramenai pleine de bouloches de papier détrempé.
"Et tu veux que je fasse quoi de lui au juste, Gacchan?"
La vieille pouffiasse décolorée au brushing à la Dallas me soufflait au nez une haleine de vieille clope, tout en plantant ses griffes dans ma tignasse.
Kamui, confortablement installé dans un fauteuil de mauvais goût, les jambes croisées, se faisait faire une manucure.
-"Ce que tu veux, Haruka, répondit-il sans détacher ses yeux des mouvements de la lime. Mais fais-en quelque chose.
-Qui s'accorderait à ton style? Ou à celui de...
-Certainement pas. Allons, tu es bien capable de trouver autre chose que du blond en pétard ou les coupes informes des Johnny's, non?
-Du blond en pétard et des coupes informes, grommela-t-elle. Elle me tritura un peu plus les cheveux avec exaspération, puis elle attrapa soudain mon visage à deux mains, les pouces calés contre mes pommettes, pour pouvoir me regarder bien en face, avec ses horribles yeux vayrons. J'eus la vision apocalyptique de sa grosse sa tête de crapaud half en gros plan. "Ouais. Ouais. Il a quelque chose de brut. Un peu rustique peut-être..."
Je jetai un regard noir à Kamui, qui sourit de façon charmante à la manucure. La vieille, elle, poursuivit son diagnostic avec une lueur nouvelle dans le regard, sans relâcher son étreinte:
"Une beauté traditionnelle. Un samouraï dramatique, du shambala avec une touche de...
-Sid Vicious." Kamui s'était relevé.
-"Encore?!
-N'oublie pas quel public nous visons.
-Ouais, je vois. La fillette qui craque sur le rebelle tatoué, mais sans trop se mettre en danger. Beauté féminisée, évidemment.
-Mais pas du Johnny's, nous sommes bien d'accord.
-Laisse-moi tranquille avec Johnny's, Gacchan, il faut bien que je paye l'université à mes filles. Tu vas le faire débrider, aussi?
-Évidemment.
-Évidemment. Bon. Je tiens quelque chose."
Kamui se prit un magazine au hasard et se mit à le feuilleter, laissant Haruka Hanajima, armée d'un rasoir, sur mon cas. Avec des gestes précis de maître calligraphe, elle fit pleuvoir des mèches de cheveux comme de l'encre sur le parquet. Moi je me cramponnais au fauteuil en gardant à l'oeil la lame qui fusait sans relâche, relayée en va-et-vient par les ongles épais et carmins qui réarrangeaient, ébourriffaient, tiraient, fixaient. Quand le ballet de la lame et de ses bras à la chair ballottante prit fin, Hanajima s'écarta d'un pas, considérant son oeuvre en louchant un peu: l'oeil vert était critique, le marron empli de satisfaction. Hochant la tête, elle dût décider que ça devait suffire et que j'étais prêt pour l'exposition en vitrine: elle passa un coup de balayette sur mes épaules, ôta la serviette blanche grande comme une nappe autour de mon cou, puis encore un petit coup chichiteux de balayette par-ci, un autre par-là. Enfin elle s'empara d'une énorme bouteille de laque pour en envoyer un plein nuage dans ma direction, sans doute avec la volonté de me vernir tout entier dans ma jeunesse éternelle.
"Montre-moi."
La voix de Kamui résonna plus grave que d'habitude, avec solennité. Tout le monde dans le salon de coiffure retint son souffle. S'ils n'avaient pas baissé les stores et fermé toutes les portes et les fenêtres à cause de la présence de Kamui, la rue entière aurait également stoppé toute activité. Je ne pouvais pas bouger, encore abruti par la laque et la frénésie de Hanajima. Il posa alors sa chaussure italienne près de ma cuisse, sur un coin du fauteuil, qu'il fit pivoter d'une pièce vers lui, tout en gardant appui sur son autre jambe. Il pencha la tête d'un côté, lentement, puis de l'autre, prit un léger recul, se pencha en avant, en posant ses avant-bras contre sa jambe repliée. Combien de temps resta-t-il ainsi à m'observer, comme à l'affût, son visage proche du mien, calculant sans fin le présent et l'avenir? Je ne fléchissais pas, mes yeux dans les siens, quitte à les perdre. Avait-il déjà prévu, dans cet instant où nos regards s'affrontaient, l'issue de notre guerre? Il se placarda soudain sur le visage un sourire faux, qui rompit à contretemps notre échange, et se tourna vers Hanajima:
-"Magnifique. Tu t'es surpassée."
La pauvre crapaude qui s'était secrètement tordu les mains regagna contenance et s'illumina, ce qui la rendit plus laide encore. Il me délaissa et s'approcha d'elle pour lui murmurer quelque chose tout en lui glissant une liasse et un sachet de poudre. Hanajima invita ensuite d'une voix suraiguë toutes ses employées à déjeuner avec elle d'okonomiyakis, gracieusement offerts par Camui-san. Les jeunes femmes poussèrent des petits cris de remerciement et quittèrent le salon dans une ambiance d'excitation digne de maternelles en classe verte. Hanajima ferma la marche de ses ouailles à reculons et effectua une courbette avant de sortir.
Restait Sachiko, oubliée dans un coin, tassée dans les milliers de plis de son tailleur de gundam, qui émergea d'une longue léthargie. Elle leva les yeux vers son idole: ce qu'elle parut comprendre la fit rougir des pieds à la tête. Avec trop de gestes inutiles, elle rassembla ses affaires, qui ne consistaient qu'en un simple attaché-case noir qu'elle serra comme un nounours et sortit à son tour en refermant très soigneusement la porte derrière elle. Cette scène provoqua chez moi un éclat de rire méchant, qui mourut dès que Camui revint vers moi. Il tendit la main vers mon visage et j'y nichai instinctivement la joue, mais il ne la caressa pas: il utilisa ses doigts pour la modeler, tout doucement. Puis il les fit glisser le long de ma mâchoire et son index me releva le menton. Son pouce vagabonda sur ma lèvre inférieure, mais quand je le voulus à l'intérieur de ma bouche, il alla plutôt se promener le long de ma gorge pour y sentir la veine qui battait furieusement. Les quatre autres doigts se cachèrent derrière ma nuque et en suivirent le creux: je frissonnai. Il passa son autre main sur mes yeux, effleurant mes cils, mais quand ma langue voulut goûter à sa paume, elle partit couvrir mon oreille et s'enfoncer dans mes cheveux. Elle embrassa entièrement l'arrière de mon crâne, et le soutint fermement lorsque ma nuque faiblit soudain comme une tige fatiguée. Pendant ce temps, l'autre main s'était arrêtée, avec une hésitation affectée, au col de mon t-shirt. Ses doigts pilaient sur place, au creux du cou, comme bloqués. Ce petit jeu m'irrita: la façon de contourner l'obstacle était pourtant évidente. De mauvaise grâce, j'ôtai mon t-shirt en envoyant ses mains au diable et me cala dans le dossier du fauteuil. Du bout des doigts, il traça superficiellement les lignes de mes côtes, les muscles de mon ventre, esquissa à peine les tétons, le nombril. Agacé, je rompis une fois de plus le contact et m'agitai pour défaire le bouton de mon jean et ma braguette. Il me laissa faire patiemment, et quand je me retrouvai nu, il s'agenouilla devant moi. Le choc que cela causa chez moi fut indescriptible. Indifférent à mon trouble, il écarta mes cuisses, les pétrit, massa mes mollets, caressa méthodiquement l'intérieur de mes genoux: je me surpris à pousser un cri plaintif, qui ne me ressemblait pas: ce cri se mua en halètement quand il me prit dans sa bouche sans prévenir. Il fut si doux que l'air en vint à me manquer; la jouissance me prit alors que j'étais au bord de l'asphyxie et je me cramponnai désespérément à lui en criant de toutes mes forces.
Il se releva, déglutit mon sperme comme si c'était la chose la plus naturelle au monde et se passa le pouce sur les lèvres pour y essuyer des gouttes imaginaires. Je tentai de me relever, pantelant, parce que c'était ce qu'il attendait, mais mes jambes débiles ne purent supporter mon poids. Il me rattrapa, sans effort apparent, avant que je ne m'effondre. Je ne me sentais pas à ma place dans ses bras, mais lui semblait trouver ça normal. Il me caressait les cheveux avec une douceur que je n'aurais jamais pu lui associer. Je tentai de me dégager de son étreinte lorsque je parvins à retrouver mon souffle et à tenir à peu près sur mes jambes, mais il me retint et murmura ce nom comme une fumée d'encens:
"Miyavi."
no subject
Date: 2007-11-10 12:21 pm (UTC)Je suis soufflée aussi de ce que les personnages restent fidèles dans leur essence aux incroyables originaux, mais me surprennent quand même entre chaque ligne et me touchent à chaque respiration.
Ils semblent tellement couler de source que je suis un petit peu hébétée
Je ne sais plus bien quoi dire *.*
Moi aussi je perds mon français, et je n'en ai jamais beaucoup eu ^_^
Alors?
Encore?