sevenswells: (Gackt poetry)
[personal profile] sevenswells
To the english-speaking readers of this fic: this is the last chapter in French! (you're thinking, but she said there is 14 chapters, not 13 -- well there's a twist actually, you'll see) That means that my updates should be more regular in english from now on, since I'll concentrate on translation only. The other good side of it is that nothing can be changed from now on, the story will continue no matter what, until we reach the same point in english. See you there, then! ^^

Et en Français maintenant:


Bon ben voilà. J'ai séché les cours pour finir cette fic. Je me rends compte que j'ai commencé cette histoire en juillet 2006, la vache! Pratiquement deux ans (bon, avec un groooooos hiatus entre, je dis pas) ça fait quelque chose, alors au moins une petite oraison avant de poster le chapitre, ça vaut au moins ça. J'aurais jamais cru finir un jour. Mais c'est fait, c'est en train de se faire, c'est ouf! Et puis, j'en ai fait, du chemin, depuis la n00b que j'étais sur LJ, avec mon tout premier journal moche, c'est émûvant.

Tout ce que j'espère, c'est que c'est le signe que ma flamme se ravive, au moins un tout petit peu -- porte-moi chance, Mimi! J'ai beaucoup de pain sur la planche, après -- notamment une fic Tokio Hotel pour le fanzine de [personal profile] miundel, et je me rematerai la saison 2 de Princesse Tutu pour commencer une nouvelle fic (peut-être. Je vais peut-être aussi profiter un peu de plus me prendre la tête pour en extirper des mots).
Merci à [personal profile] mokoshna de m'avoir encouragée, aussi!

En avant le mush!!! °0°/

La vieille dame fusille Gackt du regard sans chercher à déguiser son hostilité. Lui s'en amuse intérieurement.

"-Je ne vous aime pas, lâche-t-elle d'un ton définitif en ne le quittant pas des yeux.

-Ah non?" Il s'amuse de plus en plus. Il trouve la situation rafraîchissante.

-"Je ne sais pas ce qui s'est passé, et au final, ce n'est pas mon problème. Cet enfant s'imagine que je ne suis au courant de rien, que je ne sais rien: mais j'ai la télé. Je sais qui vous êtes."

Elle a son attention: il la laisse poursuivre.

"Mon vieil âge n'est pas un signe de faiblesse, il trahit plutôt mon expérience. Je n'ai pas besoin d'être protégée et, par rapport à ce jeune blanc-bec qui prétend le faire, j'en ai sûrement vu de pires, dans ma vie. Alors je peux deviner, dans les grandes lignes, ce que vous lui avez fait pour qu'il ait changé à ce point. Vous vous êtes cru malin? Vous vous êtes bien amusé? Vous n'aviez pas le droit."

Cette dernière remarque, absurde, n'évoque rien chez lui. Il n'en comprend pas le sens. La vieille dame a cessé de le distraire présent.
Il écoute à peine ce qu'elle dit ensuite:

"Mais encore une fois, ça n'est pas sensé me concerner. Je ne vous aime pas un point c'est tout." Elle jette un oeil à la pendule murale. "C'est bientôt l'heure du dîner, il ne devrait plus tarder à arriver. Je reprendrai alors mon rôle de vieille idiote, et je vous saurai gré de jouer le jeu."

Il acquiesce gravement, mais n'y accorde aucune espèce d'importance. Ils restent ainsi à se contempler en chiens de faïence, calmement opposés, comme des généraux avant la bataille. Lorsque la porte d'entrée finit enfin par claquer, et que la voix de celui que Gackt est venu trouver se fait entendre, la vieille dame se lève, très digne, et change d'expression. Ses traits s'adoucissent lorsque son petit-fils entre dans la pièce.

Gackt se lève à son tour.

Il s'étonne de ce qu'il ressent en voyant Miyavi.

D'abord, la stupeur qu'il lit sur le visage mobile du jeune homme, puis la peur et enfin la souffrance furtive qui ne lui échappent pas non plus, tout cela lui fait plaisir, et il s'y est attendu. Ce qui l'étonne, c'est la vivacité de ce plaisir, ainsi que le désir. Qui n'est pas, comme il l'avait calculé auparavant, un vestige, une chaleur résiduelle qu'il aurait gardé et qui aurait refait surface à la vue de son objet pour tiédir à nouveau ses sentiments à son égard. C'est un désir de fer, perçant, multiple. Il a le désir de le prendre, ici-même, il a le désir de lui faire mal, encore, pour en retirer du plaisir, encore. La fragilité brute, tellement apparente de Miyavi l'aguiche, attise sa prédation. Elle lui rappelle la première fois qu'il l'avait vu, où il s'était tenu devant lui, défiant, les poings serrés, exigeant avec insolence une chose hors de sa portée. Il avait été, comme toujours, hors de propos, déplacé. Déjà à l'époque, il n'avait sa place nulle part. A le voir maintenant, dans ce ridicule uniforme de travailleur commun, il semble encore plus inapproprié, en conflit permanent avec lui-même et ce qui l'entoure. Il est magnifique, songe Gackt.
La vieille dame prétend devoir aller faire quelques courses qui lui manquent pour le dîner et, comme elle l'a annoncé auparavant, elle fait semblant de ne rien comprendre de la situation. Elle sort en souriant, affable et inoffensive.
Ils sont enfin seuls. C'est Miyavi qui prend la parole en premier, malgré le fait qu'il semble prêt à tomber en morceaux à tout instant. Gackt se retrouve en terrain familier: l'imprévisibilité de son jeune amant.

-"Comment tu m'as retrouvé?"

La question est simple, la réponse est facile, et pourquoi ne pas commencer par là en effet.

-"Une fille avait pris des photos de toi et les avait postées sur un forum. Il a suffi de la contacter.

-Comment tu as su que je serai précisément ici, à cette heure?

-C'est ta mère qui m'a renseigné.

-Tu as parlé à ma mère?"

Miyavi se met à trembler. C'est la réaction de son corps au dilemme qui le déchire; le conflit qui l'habite est plus apparent que jamais. Gackt le désire, plus que jamais. Mais ils sont arrivés à un point d'équilibre où ni l'un ni l'autre ne sait ce qui va se passer. Gackt se délecte de cet instant: le champ des possibles est ouvert à l'infini. Évidemment, Miyavi finit par foncer, comme toujours, tête baissée, comme un chien dans un jeu de quilles, sans se soucier des conséquences:

"Et maintenant, quoi?"

Il ne le regarde pas dans les yeux. C'est tout le paradoxe: il a le courage de parler et de briser l'équilibre, mais il ne peut simplement lever les yeux pour l'affronter tout à fait.

"Maintenant, quoi, dit-il encore. Tu es venu pour quelque chose, non? Si c'est pour me chercher et me ramener à Tokyo, tu peux... tu peux aller te faire mettre. J'ai pas besoin de toi. Je suis très bien ici. Viens pas foutre la merde dans ma vie."

Gackt se met à rire, parce que c'est très drôle. Et le plus drôle, c'est qu'il ne sait vraiment pas où tout ça va les mener. Il est venu sans but précis. Il y a évidemment eu l'incompréhension, et la colère, au début, des sentiments normaux pour ce genre d'événement, quelqu'un qui vous quitte. Il a fini par les maîtriser, et les ranger, avec les autres. Quand il a retrouvé sa trace, il a simplement fallu ensuite qu'il vienne le voir: c'était la chose à faire. Mais maintenant qu'ils sont face à face, les lignes sont en mouvement, la donne change perpétuellement. Quelque chose prend naissance en lui, ou alors c'est le désir qui assume une nouvelle forme. Gackt se rend compte qu'il veut effectivement le ramener avec lui.
Ça y est.
Le but est fixé.
Miyavi sursaute lorsqu'il fait un pas en avant et dit tout haut:

-"D'accord.

-D'accord quoi?" Il panique. Il ne peut pas fuir. "Ne m'approche pas.

-Tu n'es pas à ta place ici. Reviens avec moi à Tokyo.

-Je n'étais pas à ma place là-bas non plus! Je suis mieux ici, laisse-moi, bordel!"

Sa voix monte. Des larmes de rage et d'impuissance se forment au coin de ses yeux. Il est magnifique. Gackt fait encore quelques pas. La distance qui les sépare s'amenuise.

-"Qu'est-ce qui te fait dire ça?

-Tu te fous de moi? T'es con ou quoi? C'est toi qui m'as foutu dehors!

-Mensonge." Il commence à comprendre.

-"Ta gueule! C'est la vérité!

-Tu t'es enfui.

-Tu m'as foutu dehors!" Miyavi hurle: "Ne m'approche pas!"

Gackt est maintenant tout proche de lui, à un souffle. Il dit tout bas:

-"Sinon quoi?"

Il tend la main, et Miyavi vient y nicher la joue. Il a arrêté de trembler. Il le regarde enfin droit dans les yeux. Lui aussi se met à murmurer -- sans raison, puisqu'ils sont seuls:

-"Non. Je ne te suivrai pas.

-Tu as peur?" demande Gackt doucement. Il lui caresse la joue. Elle est chaude. Une larme lui roule sur le dos de la main, suit un trajet aléatoire; elle finit par s'arrêter sur la tranche de son petit doigt. Il se rapproche pour coller son front au sien, encadre son visage entre ses deux mains.

-"Il m'en faut plus, dit Miyavi. Tu ne me diras jamais ce que je veux entendre.

-Ta place...

-Non.

-...ta place est près de moi.

-Non. Il m'en faut plus."

Gackt recule. Il ne comprend plus, le lien est rompu. La mutation s'accélère. Ses propres battements de coeur s'accélèrent. Il faut trouver quelque chose, ou il va le perdre:

-"Reviens avec moi, à Tokyo."

C'est curieux, il se répète: il ne trouve plus ses mots. Ça ne lui arrive jamais.
Miyavi sourit douloureusement:

-"Je n'ai aucune raison de le faire."

Il arrive, le point de rupture, Gackt peut le sentir.

-"J'ai des projets, pour toi. Je vais former encore un groupe; j'aurai besoin de toi, en tant que musicien. Tu es unique. C'est ce que tu dois faire. Tu es né pour ça."

Non, il ne lui dira jamais ce qu'il veut entendre. Il préfère être incohérent.

"Accepte."

Il n'a pas voulu le dire de façon aussi désespérée, mais il sent l'effondrement, à l'intérieur.

Ils y sont, c'est trop tard.

Il a trop souvent assisté à ce genre de fin pour ne pas le reconnaître.

Soudain, dans un ultime élan, il le prend dans ses bras, et se met à parler, des mots précipités, qui ne lui ressemblent pas, il parle, il parle, sans s'arrêter, pour empêcher le monde de s'écrouler:

"Je ne te le dirai jamais. Ce sont des mots qui ne sonnent jamais juste, ils n'existent que pour les chansons. Ils ne tombent jamais au bon moment. Ce sont les seuls mots vraiment dépourvus de sens. Ils servent à clore, à enfermer, à enterrer; ils tuent les sentiments qu'ils représentent, ils les vident comme des sangsues. On doit les réserver aux condamnés et aux mourants, parce que c'est ce qu'ils sont: des mots morbides.

-Je suis condamné. Je suis mourant. Dis-les moi."

Doucement, leur étreinte se desserre. Miyavi, du bout des doigts, cueille les larmes aux cils de Gackt, et les porte à sa bouche.
Gackt l'embrasse et l'étreint à nouveau, mais ça non plus, ça ne suffit pas.
Alors il fait le sacrifice.
Il les tue, tous les deux:

-"Je t'aime."

Il ajoute, pour la troisième et dernière fois:

"Reviens avec moi. A Tokyo."

Miyavi lui donne sa réponse.

Date: 2008-03-20 11:44 am (UTC)
From: [identity profile] kamexkame.livejournal.com
C'est la fin parfaite.

Merci.

Date: 2008-03-25 06:54 pm (UTC)
From: [identity profile] sevenswells.livejournal.com
Merci à toi! Tu peux pas savoir comme ce commentaire me soulage, c'est vraiment très gentil de ta part.
Cette fic t'es entièrement dédiée, si je puis me permettre et sauf ton respect: une toute petite preuve de mon admiration pour toi et ce que tu écris. Doumo arigato gozaimashita, yoroshiku onegaishimasu!

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